Quelques propriétés remarquables retour sommaire

Les Clos FLEURI, JOLI et NORMAND

Les Clos FLEURI

Hôtel et pension de famille. Propriété de la famille DEFrance.

Les Clos JOLI

Propriété achetée vers 1912 par Camille Ernest de LAMBERTYE-TORNIELLE né en 1872 à Rouen. Il épouse Fernande Louise FILLATRE née en 1891 à Saint Vigor d’Ymonville (Seine Maritime). Ils ont deux enfants Jacqueline née en 1917 à Paris et Guy né en 1922 à Vasouy.

Les Clos NORMAND

Il est la propriété de WARRAIN puis Madeleine RENAULT et son mari Jean-Louis BARRAULT en sont propriétaires en 1956. La ferme était exploitée par monsieur et madame LORMEAU. 

Madeleine RENAUD (1900-1994) entre à la Comédie française en 1921. Elle devient célèbre comme actrice dès l’avènement du cinéma parlant. En 1943, elle participe à la création du « Soulier de satin » de CLAUDEL dans la mise en scène de son mari Jean Louis BARRAULT qu’elle a rencontré en 1936. Elle quitte la Comédie Française en 1946 après y avoir interprété 127 rôles et fonde avec son mari la Compagnie RENAUD-BARRAULT.

Jean-Louis BARRAULT (1910-1994) est acteur de troupe de 1933 à 1935 et de 1940 à 1946 pensionnaire de la Comédie française.
Au cinéma son interprétation de Baptiste dans « Les enfants du Paradis » popularise son génie du mime. Il est le directeur de l’Odéon de 1959 à 1968 et le responsable du Théâtre des Nations de 1966 à 1968.
Chassé de l’Odéon par les événements de 1968, il a ouvert le théâtre aux étudiants qui l’occupent plus d’un mois, il s’installe en 1972 dans un théâtre mobile, gare d’Orsay, théâtre déménagé en 1981 au théâtre du rond Point.

La Cour POTEL

Propriété de la famille LEBOURGEOIS puis de la famille de LAMBERTYE.

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Le manoir du Parc

Le terrain sur lequel est construite cette demeure est achetée par Marie Thérèse TURGIS aux héritiers LEROY en 1922. Construite en 1923, elle se compose de quatre pièces au rez-de-chaussée avec chambres au-dessus avec un petit bâtiment de service. André ALBERT-SOREL en est l’actuel propriétaire. Jean ALBERT-SOREL écrit dans le Pays d’Auge du 13 mars 1975 « Marie-Thérèse TURGIS une « personnalité originale : Nous ne verrons plus jamais dans Honfleur sa singulière silhouette arpentant la rue du dauphin, puis descendant vers Saint Etienne. Elle s’était épaissie avec l’âge, un peu voûtée aussi, mais comment ne l’eut-on pas reconnue toujours vêtue d’un drap de marin bleu foncé, ses cheveux grisonnants émergeant d’un béret, et tenant à la main un portefeuille bourré de papiers qui lui servait aussi de porte-monnaie ? Elle marchait à petits pas, et chacun, de loin, pouvait la désigner aux passants comme la personnalité la plus originale de la ville. Nous ne la verrons plus dans la salle de son manoir du Parc, assise devant une vaste cheminée où elle jetait une à une d’énormes bûches de son bois. A ses pieds un ou deux de ses chiens – des bergers de Brie – étaient toujours couchés, dont elle caressait la tête tout en bavardant. Alentour les arbres avaient poussés et envahissaient le sol, alors que, par les fenêtres on découvrait l’estuaire et souvent noyé dans la grisaille…Nous ne la verrons plus. Elle était née à Pont-Audemer d’une vieille famille de tanneurs. Elle était jeune encore lorsque son père, un délicieux vieillard, la conduisait sur le Plateau de grâce. Après sa mort elle décida d’y vivre et se fit édifier, sous les directives de Léon LE CLERC, dont elle était l’élève la plus fervente, une maison toute entière construite dans le style et avec des matériaux authentiques du pays. C’est là que se déroula son existence : c’est là que, ramenée de l’hôpital où elle venait de rendre, il y a quelques jours son dernier soupir, son corps passa ses dernières journées et ses dernières nuits à la surface de la terre. Après qu’en 1932 Léon LE CLERC se fut brutalement abattu comme un chêne déraciné par la tourmente, mon père, qui présidait alors la Société du Vieux Honfleur, proposa Marie-Thérèse TURGIS à l’élection du Comité qui, unanime, l’appela à succéder à son vieux maître. Elle devint Secrétaire général à sa place et y tint, pendant de longues années, un rôle capital : Qui ne se souvient des merveilleuses expositions qu’elle organisa et dont, secondée par des mains amies, dont celle de ma femme, elle disposait des objets présentés avec un art inégalable dans le souci dominant et constant de recréer le cadre et la vie des temps écoulés ? Elle se donna à  cette tâche avec une ardeur qui confinait à la passion. Elle aimait le Vieux Honfleur plus que tout ; elle n’aimait et n’admettait auprès d’elle que ceux qui le comprenaient et l’aimaient. D’un caractère très entier, très rude même parfois, elle bannissait « les horsains » et ceux qui ne saisissaient pas la grandeur de l’œuvre qu’elle poursuivait avec acharnement et dont elle entendait avec intransigeance, que rien n’altéra l’esprit. Il y a quelques années elle lui fit le don généreux du joyau qu’elle possédait le Manoir du Désert, afin qu’il fut conservé, entretenu et affecté à l’extension du Musée de Saint Etienne et de la rue de la Prison. Lorsque survinrent la guerre et l’occupation des armées ennemies, il fallut fermer les portes du Musée et empaqueter les collections afin de les protéger. Ce fut encore Marie-Thérèse qui présida à ce douloureux repli moral. Elle le fit sans rien abdiquer de sa ténacité ni de sa foi dans les destinées du Pays.  Un soir d’août 1940 on frappa à sa porte pour lui demander d’accueillir et de cacher des militaires britanniques qui avaient refusé de se laisser capturer. « Qu’ils entrent ! » répondit-elle simplement. Il s’agissait d’un détachement de fantassins appartenant à une division écossaise qui avait été encerclée en Seine-Maritime. Sous la conduite du lieutenant Richard BROAD, et grâce au concours de paysans patriotes, ils avaient pu franchir le fleuve et gagner Honfleur. Un certain nombre d’hommes furent répartis entre quelques fermes d’alentour et le Manoir du Parc se chargea de l’officier, d’un sous-officier et de cinq hommes. De ceux qui les hébergèrent les uns et les autres on ne dira jamais assez l’héroïsme, puisque la peine de mort les menaçait tous. Les Ecossais, pourvus de vêtements civils, demeurèrent là jusqu’au début de janvier 1941 sans être dénoncés ou découverts. A Paris, je revis Richard BROAD dont la reconnaissance pour mademoiselle TURGIS était bouleversante. Tous purent enfin conduits en zone libre, puis en Espagne et de là rapatriés en Grande-Bretagne où ils reprirent leur place au combat. Une des premières visites que je reçus dans mon appartement de la rue de l’Odéon après la Libération de Paris et avant que j’ai pu moi-même rejoindre en Alsace la Première Armée Française, fut celle de Richard BROAD, devenu Lieutenant-Colonel, qui s’était couvert de gloire. Sa fidélité envers celle qui les avait sauvés ses compagnons et lui ne se démentit jamais par la suite. Il y a une dizaine de jours encore, ayant appris l’état de santé déplorable de Marie-Thérèse, il traversa la Manche pour être à son chevet à notre hôpital honfleurais. Après la tourmente, la Médaille de la France Libérée fut décernée à Marie-Thérèse TURGIS, puis j’eus la joie et l’émotion de lui remettre la Légion d’honneur au cours d’une cérémonie qui se déroula à Saint Etienne afin que le Vieux Honfleur y fut associé. Richard BROAD était là ainsi que son sous-officier. Puis les années passèrent, et, avec elles, l’âge accomplit son œuvre. Atteinte d’un emphysème aigu et, souffrant de douloureuses crises d’asthme, obligée d’accomplir de fréquents séjours au service de cardiologie de l’hôpital de Lisieux, Marie-Thérèse ne peut vivre chez elle où elle était seule avec ses chiens bien-aimés, soignée pourtant dans toute la mesure du possible par de dévoués voisins, Madame VINCENT, monsieur et madame TOUBOULIC. Elle dut être transportée à l’hôpital de Honfleur et n’eut plus pour seule joie qu’à recevoir ses amis dans sa chambre de malade. Elle parlait toujours et encore du Vieux Honfleur, s’intéressant à son destin, mais peu à peu elle entra dans le silence d’une apathie sporadique, annonciatrice d’une mort prochaine. Elle s’éteignit sans souffrance le 7 mars dernier dans les bras d’une amie qu’un hasard providentiel avait conduite ce jour-là et à cette heure auprès d’elle. Après ses obsèques, célébrées en l’église de Pennedepie, sa paroisse, elle fut inhumée au cimetière Saint Léonard où elle avait désiré reposer. Puisse la terre de Honfleur être douce à Marie-Thérèse. Le vent du large la bercera dans son sommeil. » Plusieurs autres familles aidèrent à cacher les Anglais, il s’agit de Madame BOUCHET de FAREINS, Monsieur et Madame LUST et LECESNE qui habitaient les environs de Vasouy.

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La Michelière, les Pavillons

La michelière

Elle est baptisée ainsi par Pierre ESNAULT-PELLETERIE qui l’habite en 1910.

Charles BOURGEOIS, officier en est propriétaire avant 1918. Elle est achetée en 1918 par Edith HOUEL née en 1894, fille d’Henri boucher à Honfleur, épouse de Paul FREMONT. En 1926 Pierre Emile ESNAULT-PELLETERIE et sa femme Marguerite VANNIER en deviennent acquéreurs.

En décembre 1935 de terribles inondations ont lieu dans le canton de Honfleur, l’Echo Honfleurais du 4 décembre rapporte « La commune de Vasouy a été durement éprouvée. Pendant deux jours elle a été privée de toute communications avec Honfleur, la route de Trouville étant effondrée et le chemin du Val la Reine complètement bouleversée. Chez monsieur ESNAULT-PELLETERIE, à la Michelière, il s’est produit un curieux phénomène, phénomène très naturel du reste : la rivière de Vasouy qui coule à flanc de coteau entre deux haies, rivière le plus souvent tarie, grossie démesurément, a changé de cours et les eaux ont déferlé dans le fond de la petite vallée, emmenant tout sur leur passage et formant finalement un véritable lac de deux ou trois mètres de haut en bordure de la route de Trouville, au dessous du lavoir. Le réservoir du lavoir étant bouché, les eaux ont passé sous la route de Trouville, par un tunnel qui met en relations les propriétés de monsieur ESNAULT-PELLETERIE et ont envahi ses cours situées en bordure de la route, au nord, se creusant un nouveau lit et entraînant à la mer des centaines de mètres cubes de terre et cailloux.
Chez monsieur HENRY, le même phénomène s’est produit, les eaux ont cherché le fond de la vallée. Elles ont commencé par combler un petit étang et débordant, se sont précipitées dans la propriété de monsieur ESNAULT-PELLETERIE., rompant tout sur leur passage : un mur a été abattu sur une longueur de 15 à 20 mètres, les haies et les clôtures ont été arrachées.
Nous avons pu rencontrer monsieur ESNAULT-PELLETERIE, qui nous a fait visiter les lieux accidentés. Sa propriété présente vraiment un aspect tragique : les haies et les arbres sont abattus, les cours sont jonchées de fagots, de bûches et de branches charriés par les eaux.
Les inondations, qui se sont produites vers 6 heures du matin, ont atteint leur maximum d’amplitude à 10 heures. A ce moment, les cours de monsieur ESNAULT-PELLETERIE étaient recouvertes par les eaux sur une largeur de 20 à 50 mètres. La profondeur de ce véritable lac atteignait 2 mètres à 2 mètres 50 en certains points. Nos lecteurs comprendront du reste tous les ravages qu’ont subi les propriétés de monsieur ESNAULT-PELLETERIE en passant sur la route de Trouville. -»

Georges VALLOIS la possède en  1949 et Louis TIBBE en 1953.

Les Pavillons

Il s’agissait au départ d’un pavillon de chasse du XVIIIème  siècle. Cette propriété est mise en adjudication le 2 août 1862 dont voici le détail : « Propriété de plaisance et de produit dite les Pavillons de Vasouy, située en cette commune et composée d’un verger avec maison de fermier et bâtiments d’exploitation, de deux pavillons reliés par des terrasses, jardins, avenues et d’un bois taillis le tout contenant 5 hectares 6 ares 12 centiares.

Cette propriété, située sur un plan légèrement incliné vers la mer, qu’elle domine en face du Havre, dans une vaste étendue, à 500 mètres seulement du rivage, à égale distance environ de Trouville et Honfleur, pourvue d’une riche végétation et dans la plus belle situation sous tous ses rapports ». Les Pavillons sont reconstruits en 1910.
En 1967 Charles Albert HOUEL né en 1915 en est propriétaire en partie avec Edith HOUEL veuve de Paul FREMONT.

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La Pige

Elle fut la propriété de Jean EFFEL.

Jean EFFEL alias F. L. alias François LEJEUNE est né le 12 février 1908 à Paris. Il est décédé le 11 octobre 1982 à Vasouy.

André CARREL, rédacteur en chef de l’humanité hebdo l’interroge un jour ainsi :

  • C’est durant tes séjours à Deauville que tu as déniché Vasouy ?
  • Nous avions depuis longtemps l’envie d’une maison au bord de la mer et dans cette région parce que Pachon (son épouse) est normande. Jean-Louis BARRAULT et Madeleine RENAUD qui habitaient à côté de nous ont dit qu’il y avait une maison à vendre. Un hectare, avec une espèce de lande d’herbe qui va à la mer, mais une maison en ruine. Superbe, avec les bateaux qui passent tout près, on entendait le halètement des cargos longeant la côte pour remonter vers Rouen. Nous en sommes tombés amoureux immédiatement. Nous n’avions pas de quoi l’acheter. L’argent on le gagnait et on le dépensait. C’est madame MARECHAL qui nous a prêté de quoi acheter et c’est là que j’ai commencé à travailler pour la publicité. On a fait refaire la maison, mettre un toit neuf, le chauffage au mazout et petit à petit, elle est devenue très confortable.
  • Quand tu t’es installé à Honfleur, y as tu été adopté, y avait-il une collectivité locale valant la peine d’y vivre ?
  • C’est un pays où il y a toujours eu des peintres, des écrivains, des artistes. Il y avait alors notre cher ami JEANSON avec qui on s’entendait bien, à condition de ne parler de rien. Il était à ce moment là à l’hôtel du Cheval Blanc en train d’écrire un dialogue pour un film avec Pierre BRASSEUR, « Barbe bleue » je crois. Il y avait Fernand LEDOUX qui venait d’acheter une maison à Villerville. Nous réveillonnions tous ensemble tous les ans, un réveillon tournant, à Noël, au jour de l’an et aux Rois. (…) a Honfleur il y a aussi DRIES, COUTEAU peintre surréaliste et sa femme, OUDOT, HERBO…
  • Honfleur garde t-elle le souvenir d’Alphonse ALLAIS ?
  • Les gens ici sont extrêmement modestes et cultivés. Le Maire de Vasouy, mort récemment était fermier derrière chez nous. Nous faisions ensemble des échanges normands.

On lui donnait une cravate et un livre, généralement de la  série noire, il nous donnait une poule et un panier de pommes. On allait lui souhaiter la bonne année. C’était un homme âgé. Un jour le nom de SALACROU vient dans la conversation et il nous dit ne pas avoir aimé beaucoup sa dernière pièce. Il avait le bachot et on ne le savait pas. Les Normands sont en général des gens cultivés, intelligents, réservés. Ils considèrent le type de la ville voisine comme un « horsain », un type né « hors du sein du pays » mais ils sont accueillants. Ils n’ont pas cette espèce de cordialité des gens du Midi qui vous disent : « Venez donc à la maison, et ne sont pas là quand on y arrive. »

Les propriétés de Jules SATIE à Vasouy

Au lieu dit les Bruyères, Jules SATIE est propriétaire jusqu’en 1887 d’une grande portion de terrain contenant environ cinq hectares soixante neuf ares dix huit centiares, en parc, bois taillis et herbage. Sur cette pièce de terre existe une pièce d’eaux vives et elle est édifiée d’un petit chalet et d’une petite maison d’habitation. Cette portion de terrain est sise entre le chemin de la Côte de Grâce au Val la Reine et le chemin de Vasouy au Val la Reine, elle est bornée vers le nord-est par madame GOULLEY et monsieur BOURGEOIS et vers le sud ouest par madame la Comtesse d’ANDIGNE. Le pavillon est édifié vers 1853 par Jules SATIE.

Jules SATIE est également propriétaire d’une petite ferme située de l’autre côté du chemin de la Côte de Grâce au Val la Reine. Cette ferme est composée d’une cour plantée et bâtie, avec un jardin et une pièce de terre en pré, joignant la dite cour. Elle contient environ un hectare soixante ares trente cinq centiares et elle a pour abornement au nord et à l’est monsieur DESHAYES, au couchant monsieur VENNETOT, d’un bout madame GALPIN et d’autre bout le chemin du Val la Reine. La petite ferme est louée en 1887 à monsieur VALLEE et la petite maison d’habitation à monsieur DUZON.

Jules SATIE est également propriétaire d’une ferme dite ferme de la plage. Voir chapitre sur le Butin.

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La Roche-Vasouy

Propriété construite en 1886 par Clément de ROYER. Le calvaire fut béni en 1897 en présence de nombreuses personnalités, voilà ce que rapporte à ce sujet l’écho Honfleurais du 28 août 1897 : «  Un nombreux clergé, à la tête duquel marchaient messieurs les curés de Saint Léonard, de la Rivière Saint Sauveur, de Villerville, de Saint Gatien, d’Equemauville etc., monsieur l’abbé FOVARD, messieurs les pères MATHAN, EXUPERE, le chapelain de la Côte de Grâce, les vicaires de Sainte Catherine, entourait Monseigneur (HUGONIN, évêque de Lisieux). Messieurs Clément, Paul et Louis de ROYER suivaient immédiatement le prélat qui s’est rendu processionnellement du château au calvaire. La fanfare de Lisieux conduisait le cortège et faisait entendre les meilleurs air. Une foule très nombreuse et recueillie suivait les châtelains de la Pimprenelle. Rien n’était beau comme le décor féerique de cette longue allée qui serpente dans le parc, à l’abri d’arbres séculaires, le cortège s’y déroulait majestueux.  Monsieur LA BUTE, vicaire général de Bayeux, a prononcé aux pieds de la Croix une vibrante allocution pour remercier la famille de ROYER de sa courageuse et chrétienne initiative, et pour rappeler la vie si bien remplie de son illustre chef. Les maires de Vasouy et de Pennedepie, leurs adjoints et les conseillers municipaux des deux communes assistaient à cette belle fête de famille qui s’est terminée par un lunch sur la terrasse de la Pimprenelle, terrasse qui domine la mer. Là, Monseigneur s’est entretenu tout amicalement avec les membres du clergé et les assistants. Il a écouté avec intérêt les morceaux savamment exécutés par la Fanfare, et il a admiré notre belle vue de la Côte de Grâce, si justement renommée.

Grâce au zèle et à l’intelligence dévouée de monsieur le curé de Pennedepie, grâce aux concours de la gendarmerie et de la police de Honfleur, tout s’est passé avec le plus grand ordre :  et nous ne pouvons que remercier Madame et Messieurs de ROYER de la belle fête qu’ils ont offerte aux habitants de Honfleur. Ajoutons que les chalets de la Pimprenelle étaient artistement décorés avec des banderoles et des oriflammes, et que l’allée qui conduit au Calvaire, était semée de fleurs et de verdure. »

Les chalets de Pimprenelle, futur hôtel de la Roche Vasouy, restent propriété de Clément de ROYER jusqu’en 1907.

Jean BUREAU le décrit ainsi dans un article paru en mars 1983 dans la revue le Pays d’Auge « Un pavillon norvégien, vestige d’une Exposition Universelle de la fin du siècle dernier, à Paris, avait été accolé à un petit château de pierre et de briques, gentiment dénommé « la Pimprenelle », implanté près du rivage, sur les derniers contreforts de la forêt, à Vasouy, face à l’estuaire. Le domaine occupait une surface d’environ sept hectares, et, de sa terrasse environnée de roses, des allées escaladant des bosquets, la vue s’égarait dans le ciel et la mer jusqu’aux lointains bleuâtres du Havre. On n’arrivait plus à se détacher de la baie, on s’y incorporait (…). De ce site enchanteur, il ne reste plus rien, un incendie a tout anéanti il y a quelques années… »

Hôtel de 19 chambres crée en 1926 par Camille Auguste DUBOIS, hôtelier parisien qui l’avait acheté à Gaston LE COUPPEY de la FOREST. Des années 20 aux années 40, ce très bel hôtel de luxe attire une foule d’artistes et de personnalités.
On y croise Lucie DELARUE-MARDRUS, Edmond de ROTSCHILD, Charles-Henri HIRSCH, André de FOUQUIERES, Romain DORGELES, l’aviateur BOUSSOUTROT, l’affichiste Paul COLIN ou  bien encore Sacha GUITRY et Yvonne PRINTEMPS, et Amédée BUSSIERE, sous-préfet de Pont l’Evêque. Aussi important que le panorama, la cuisine de la Roche Vasouy est renommée, les chefs cuisiniers de Paris s’y rendent, parmi lesquels Henry LAROCHE,  on cite ses recettes dans les guides culinaires dont son célèbre poulet cuit au champagne.

Le 24 avril 1934 le château de la Roche-Vasouy est mise en vente au palais de justice de Pont l’Evêque. L’article paru dans l’Echo Honfleurais le décrit ainsi : « Aujourd’hui à usage d’hôtel restaurant comprenant au rez-de-chaussée une salle de billard, un salon, une véranda avec vue sur la mer, une pergola, un bureau, une bibliothèque, une salle à manger avec window, une cuisine, deux offices, une glacière et water-closets. Au premier étage dix chambres de maître dont quatre avec vue sur la mer avec salles de bains, water-closets et distribution d’eau. Au deuxième étage six chambres dont quatre avec vue sur la mer, trois salles de bains, water-closets, terrasse, tourelle et paratonnerre. La mise à prix est de 230 000 francs avec en plus une parcelle de terrain de 8267 mètres carrés. »

Jean BUREAU poursuit « Le château aux terrasses parfumées  devait connaître, après 1940, le sort de tous ceux qui résidaient près du rivage, transformé en « mur de l’Atlantique » ! Il fallut partir ; le mobilier prit le chemin de l’Hôtel BELMONT à Paris, mais douze petits panneaux décoratifs prirent eux, celui de l’Allemagne…ils étaient attribués à MATISSE…le peintre de la limpidité de l’espace… » Photographie ci-contre Raymond SOUPLEX à la Roche Vasouy.

Propriété en 1975 de Marcelle Sophie CHAPUY demeurant à Paris et de Monsieur BRETON, joaillier demeurant à Rouen, l’hôtel était géré par monsieur DORLEY des OULES lorsqu’il prit feu et fut entièrement détruit par les flammes.

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