La paroisse de Vasouy retour sommaire

Les origines

Histoire fort ancienne, la première mention du nom de Vasouy remonte à 1035 mais elle existait bien avant comme le prouve les découvertes d’objets de l’âge de pierre et gallo-romains. Monsieur RUEL indique en effet « On a découvert des stations de l’âge de la pierre taillée, des restes de l’âge de la pierre polie, et enfin, un certain nombre d’objets remontant à l’époque gallo-romaine. A Vasouy, à la station du Butin on a trouvé des restes empâtés dans un tuf sablonneux, formé de couches bien distinctes par leur couleur, due à la présence de cendre et de silex calcinés. Des silex taillés en couteaux, pointes de flèches et grattoirs ont été trouvés ainsi que des fragments de poteries grossières, mal cuites et façonnées à la main et enfin des os brisés, dont quelques uns paraissent avoir appartenu à des animaux dont l’espèce n’existe plus. A la Bouillette, sur la propriété de monsieur FOVARD et dans le marais on a trouvé un très grand nombre d’objets de l’époque gallo-romaine. Nous signalons comme le plus important des objets trouvés un magnifique vase en terre de Samos, avec de très beaux ornements en relief, conservé par monsieur FOVARD sur la propriété de qui il a été découvert. »

Vasouy prit successivement les appellations de Wasewic, Wasvic, Vasuic et Vasuit. Ce nom de Vasouy se décompose en « was » et « vik ». « Vik », terme norrois est une interprétation liée à la nature dans la toponymie scandinave, qui signifierait anse ou baie. Le mot golfe se traduit encore aujourd’hui en féroïen par « vik ».

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Le fief de Vasouy

Le fief de Vasouy est un plein-fief de haubert tenu nuement par le Roi à cause de sa vicomté d’Auge et châtellenie de Touques et dépendant de la sergenterie de Honfleur.  Le fief de Vasouy ne se limite pas à la seule paroisse de Vasouy, en effet il s’étend en trois paroisses celles de Vasouy, de Bretteville en Caux et de Raimbertot, comme le prouve l’aveu ci-après rendu par Jean de VASOUY au Roi le 11 août 1484 « Du Roi notre sire je Jehan de VASUIC confesse et avoue tenir par foi et hommage à cause de sa vicomté d’Auge du noble fief entier nommé le fief de Vasouy auquel à cour et usages à basse justice hommes et hommage dont le fief est assis en la paroisse de Vasouy au bailliage de Rouen en la dite vicomté et s’étend en trois paroisses. Lequel fief vaut en tant qu’il en y a en la dite vicomté et paroisse de Vasouy c’est à savoir en domaine non fieffé tant en prés, terres labourables que « plantines ». (…) vingt livres tournois ou environ. En rente en deniers trente livres tournois, en grain trois (…) et demie de froment, deux boisseaux d’avoine, quarante chapons, dix huit gelines et les deniers, trois cent œufs et les deniers avec la présentation et droit de présenter à l’église paroissiale du dit lieu de Vasouy quand le cas s’offre. Item icelui fief s’étend en la paroisse de Bretteville en Caux au bailliage du dit lieu de Caux et vicomté de Longueville Laguessart et en soixante acres de terre tant labourables que autres (…) trente livres tournois ou environ. En rente en deniers trente six livres tournois, en grain vingt (…) d’orge, quarante chapons treize gelines et les deniers, trois cent œufs et les deniers avec le pronage et droit de présenter à l’église du dit lieu de Bretteville. Item il s’étend en la paroisse de Raimbertot au dit bailliage de Caux et vicomté de Montivilliers et vaut en rente en deniers vingt sols tournois par an et j’ai droit de présenter à cause de mon dit fief à l’église paroissiale du dit lieu de Raimbertot avec relief, treizième, aides coutumières, regard de mariage et autres droitures à noble fief entier appartenant et à cause d’icelui fief suis tenu de faire au Roi notre sire tel service armé à noble fief (…) à la coutume de Normandie appartient. » En 1736, on note dans un aveu que le fief s’étend également à la paroisse de Blainville en Caux. Les VASOUY possédèrent ces fiefs de la Seine Maritime jusqu’au milieu du XVIII° siècle, patrons de ces deux paroisses ils y nommaient les curés. Monsieur PENIN de la RAUDIERE ajoute « En dehors de Dun, citons encore leurs terres d’Apeville, Ermenouville, Bouteilles dont Vasouy était chef de fief. » 

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Les Seigneurs

La famille de VASOUY

La famille porte « d’argent à trois flanchis de sable posés en cœur 2 et 1 »

Simon de VASUIC confirme vers 1178 la donation que Guillaume de L’ETANG et Raoul de TROUBLEVILLE ont faite aux moines de Longueville dans son fief de Dun, paroisse de Saint Pierre le Vieux (Seine Maritime).

Simon de VASUIC, son descendant, figure au rôle des chevaliers à une montre du Roi pour le bailliage de Caux en 1272.



Robert de VASUIC est taxé à 40 sols d’amende aux Assises tenues à Pont l’Evêque le 21 juin 1355. 

Nicolas de VASUIC descendant probable de Robert est écuyer seigneur de Vasouy. Il vit en 1377.

Michel de VASUIC panetier du Roi est seigneur de Vasouy en 1399. Il épouse Beatrix MARTEL, qui lui succède lors de son décès survenu avant 1408, en effet le 12 juillet 1408, bail et adjudication sont faits à Béatrix MARTEL veuve de Michel de VASUIC pour la garde noble de Robinet de VASUIC son fils. Elle versa 10 livres au vicomte d’Auge, 10 livres au vicomte d’Arques et 4 livres au vicomte d’Orbec pour ce faire. Paul GUIDECOQ  écrit « Après le décès du père les enfants mineurs des familles nobles étaient mis sous tutelle du Roi. Ce dernier par adjudication déléguait la garde des enfants à une personne parente en général des mineurs (mère, oncle etc.) contre redevance annuelle au Roi. Michel de VASUIC ayant des biens dans les Vicomtés d’Auge, d’Arques et de Caudebec, le bail de garde confié à la mère veuve comporte redevance à ces trois vicomtés. La garde durait jusqu’à ce que l’enfant ait atteint l’âge de 23 ou 25 ans ». A la mort de Béatrix de VASUIC, son fils Robinet hérite du fief. 

Information sur la valeur du fief de Vasouy en 1408 : « Information faite le 5 juin 1408 par Benoît LECOUTELIER, vicomte d’Auge en présence de Regnault MAUVOISIN substitut en la dite vicomté du procureur du Roi au bailliage de Rouen, sur la valeur du fief, terre et seigneurie de Vasouy assis en la dite vicomté tenu du Roi nuement et sans moyen par un fief de chevalier entier et appartenant à Robinet de VASOUY, écuyer sous âgé, fils et héritier de feu Michel de VASOUY, jadis écuyer, de laquelle information il résulte que l’hôtel du dit lieu de Vasouy avec les jardins et les pâturages contient 20 acres de terre ou environ dont une grande partie est en buisons et épines et que à quinze sols tournois l’acre l’une parmi l’autre vaut 15 livres tournois, item qu’au dit hôtel souloit avoir et appartenir 20 acres de prés, lesquels sont pour le présent et dès long temps a détruits par la mer qui y vient et habite par deux fois de jour et de nuit ; item qu’à la dite terre de Vasouy compète et appartient une pêcherie dedans la mer à l’endroit dudit hôtel laquelle est baillée communs ans à 50 sols de ferme muable ; item que par les hommes et tenants de la dite seigneurie sont dus de rentes en deniers, au terme de Saint Michel 9 livres 12 sols 1 denier obole…compris 8 boisseaux de froment à la mesure de Honfleur et 2 boisseaux à la petite mesure qui valent environ 1 boisseau et demi à la grande mesure appréciée pour cette présente année à 22 deniers le boisseau avec 2 boisseau d’avoine à la mesure dudit Honfleur appréciée à 20 deniers le boisseau, item au terme de la Toussaint 34 sols, item au terme de Noël 25 chapons avec leur suite de deniers et 17 gelines avec leur suite qui à 12 deniers le chapon et 8 deniers la geline valent 40 sols 1 denier y compris les deniers qui vont avec, item au terme de la mi-carême 12 sols 8 deniers en trois parties, item au terme de Pâques 382 œufs qui, à 20 deniers la centaine valent 6 sols 4 deniers ce qui avec 1 denier pour 10 œufs et 6 sols de rente en une partie dus au dit terme de Pâques fait 16 sols 2 deniers obole, item au terme de Pentecôte 15 sols en une partie ; item au terme de Saint Jean Baptiste 14 sols et un oison apprécié à 10 deniers ; item qu’à la dite sieurie compète et appartient le patronage et droit de présenter à l’église de Vasouy, laquelle vaut par an au curé d’icelle 6 livres tournois de ferme ou environ ; item que la court et usage dudit lieu ne vaut que la pension du sénéchal, item qu’à la dite seigneurie souloit avoir anciennement un moulin et un colombier qui depuis longtemps sont démolis et abattus ; item qu’à la dite seigneurie n’a four de ban, garenne, étang ni aucune autre droiture que celles-ci déclarées excepté que les amis dudit sous âgé disent certaines droitures en la forêt du roi lui compéter et appartenir savoir : bois sec en étant et gisant seulement pour le chauffage de son hôtel dudit lieu de Vasouy, pâturages pour bêtes aumailles et pour les porcs toutefois qu’il est panage et hors panage en payant un denier tournois pour pièce, desquelles droitures on n’a plus joui depuis plus de 20 ans, ce pourraient valoir 100 sols communs ans si elles étaient délivrées par les maîtres des Eaux et Forêts qui les retiennent en la main du roi, item que le dit Robinet de VASOUY est âgé de 9 à 10 ans, item que sur le revenu dudit fief est à prendre le douaire de demoiselle Béatrix MARTEL veuve dudit feu. »

Mathieu de VASOUY est chevalier seigneur de Vasouy.

Gautier de VASOUY est seigneur d’Apreville puis seigneur de Vasouy en 1420. Il épouse Mahaut d’ESTRIMONT, fille de Jean d’ESTRIMONT, seigneur d’Estrimont, Bully, Braquigny et autres seigneuries. De leur union naquirent quatre enfants Robin, Jeanne, Jean et Richard. Gautier de VASOUY est enterré à  Sainte Catherine de Charlemesnil, hameau d’Anneville, chapelle fondée par Jean d’ESTOUTEVILLE en 1399.

Robin ou Robinet de Vasouy est né en 1399 ou 1400. Il est seigneur de Vasouy en 1422 comme nous l’apprend un mandement de la Chambre des Comptes datée du 26 octobre 1422  et donnée à Caen portant injonction au bailli de Rouen et de Caux « de laisser jouir Robin de VASUIT écuyer des biens qu’il possède dans les dits bailliages attendu que la dite Chambre lui avait donné délai jusqu’à l’Ascension pour son aveu et dénombrement ». Il est probablement décédé en 1451 ou début 1452.

Jeanne de VASOUY épouse vers 1420 Thomas de GROUCHY, écuyer demeurant à Anneville. Elle est parente de Mahaut d’ESTOUTEVILLE, femme de Guillaume MARTEL sieur de Bacqueville. Ils sont enterrés à Sainte Catherine de Charlemesnil.

Jehan de VASOUY est seigneur de Vasouy de 1452 à 1496 environ. Par acte du 23 juin 1452, il est tenu de fournir à la chambre des Comptes le dénombrement du fief de Vasouy. Il rend foi et hommage au Roi le 26 juin 1452. Il eut au moins cinq enfants Collard, Guillaume (décédé avant 1504) Marie, Jacqueline et Adrien qui lui succède.

En 1450 Richard de VASOUY, prêtre curé de Vasouy est procureur de Jean de VASOUY seigneur du dit fief. Plusieurs aveux lui son rendus à ce titre dont un daté du 6 août 1450 par Guillaume COUSIN.

Adrien de VASOUY est seigneur de Vasouy entre 1503 et 1508. Il rend aveu en 1504 pour deux quarts de fief, Cauville et Beneville (Seine Maritime).  Il avait suivant un aveu du 11 août 1494 droit de basse justice et de « regard de mariage »

Jacqueline de VASOUY sœur et héritière en partie d’Adrien épouse en  premières noces Jean de REBUT puis  en mars 1510 Jehan d’ORBEC, seigneur de Sideville, fils de Georges et de Marie ?. Georges d’ORBEC et sa femme ont prêté serment au roi d’Angleterre en 1420 les maintenant seigneurs de Sideville en Caux et Saint Vigor. Jehan d’ORBEC, au droit de sa femme, est seigneur de Vasouy en 1512. Il rend aveu du fief de Vasouy le 12 octobre 1515 puis rend foi et hommage au Roi le 6 juin 1517, au droit de son mariage et de celui de Marie de VASUIT sœur de sa femme et héritière en partie d’Adrien, son frère.

En 1519, Guillaume LECERF, fils et héritier en partie de feu Jacques LECERF, écuyer d’Equemauville son père rend aveu à Jehan DORBEC, confesse et avoue tenir deux pièces de terre assises en la paroisse Saint Germain de Vasouy sur Honfleur ; la première contenant cinq acres bornée d’un côté Thomassin de BAONNE, d’autre côté l’héritage que fit Jehan de BAONNE en son vivant bourgeois de Honfleur, d’un bout aux héritiers de Michel COUSIN et d’autre bout le chemin du Roy tendant de Honfleur à Pennedepie, la seconde contenant trois vergées, d’un côté la dite première terre, d’autre côté les héritiers COUSIN et Jehan de BAONNE, d’autre bout le chemin de Bretaigne.

Du mariage entre Jacqueline de VASOUY et Jehan DORBEC naquirent deux filles Gilette et probablement Isabeau.

Jehan D’ORBEC meurt avant 1526, sa veuve lui succède alors comme le prouve plusieurs aveux rendus entre 1526 et 1538. 

Avant 1553 le fief échut à Robert LONGPERRIER sieur de Corval capitaine de 1000 hommes de pieds de la légion de Normandie. Il a épousé Gilette D’ORBEC.

Par contrat de mariage du 18 juin 1568 entre Isabeau D’ORBEC et Estienne de VATEMARE, le fief de Vasouy passa entre les mains de la famille de VATEMARE.

Monsieur PENIN de la RAUDIERE indique « A partir de 1570, le fief de Vasouy, qui était demeuré dans la même famille, ou familles alliées, pendant au moins quatre ou cinq cent ans sera au contraire transmis huit fois par aliénation au cours des deux siècles suivants. Il ne retrouvera sa stabilité qu’au milieu du XVIIIème siècle.»

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La famille de VATEMARE

La famille porte de « gueule à la croix d’or cantonnée de quatre varnets d’or ». Ils ont été maintenus le 20 octobre 1666. Le père de Pierre de VATEMARE ayant été anobli  par la charte des francs-fiefs en 1470.


Estienne de VATEMARE fils de Pierre et d’Agnès LE ROUX, est écuyer seigneur de Vasouy en 1566. Il est taxé à l’arrière ban pour son fief de Vatemare en 1567.

Nicolas de HERON blasonné « écartelé aux 1 et 4 d’azur à la bande d’argent chargée de trois alerions de sable aux 2 et 3 palés d’azur et  d’or de huit pièces en chef de gueule chargé d’une bande d’argent» époux de Catherine LE TELLIER achète la seigneurie de Vasouy le 26 septembre 1570 à Estienne de VATEMARE. Il s’agit d’une acquisition temporaire car en 1584 Charles de VATEMARE est écuyer seigneur de Vasouy.

Charles de VATEMARE, fils d’Etienne et d’Isabeau d’ORBEC est écuyer seigneur de Vasouy en 1584. Il épouse Jeanne de HELLENVILLIERS.

Nicolas de VATEMARE est écuyer seigneur de Vasouy en 1586. Le 6 juin 1586, il vend le fief de Vasouy à Charles II de COSSE époux Judith d’ACIGNE, maréchal comte de Brissac, pair et premier duc en 1612.

Le 15 juillet 1586 Charles de COSSE donne le fief à Jehan DU MONT, prêtre, chevecier de la  Collégiale de la Guerche et son précepteur et aumônier.

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La famille DU MONT

La famille porte « d’argent à une fleur de lys de gueules ».

Jehan DU MONT, prêtre, est écuyer seigneur de Vasouy en 1586. Son lieutenant est en 1595 le sieur BOULLIERS.

Charles DU MONT anobli en janvier 1596, son neveu est dit écuyer seigneur de Vasouy en 1598. Il épouse le 10 janvier 1596 Anne de RAVENOT, fille de Robert. C’est lors de son mariage que Jehan DU MONT, son oncle, le reconnaît comme son héritier présomptif.

Pierre PENIN de la RAUDIERE indique « le 3 mars 1607 Jehan DU MONT donne procuration pour retirer des mains de Charles de COSSE-BRISSAC les contrats d’acquisition de la terre et sieurie de Vasouy, retirés à droit de fief, et les contrats de donations desdites sieuries, terre et héritages faits par le dit COSSE au dit DUMONT »

Le 28 avril 1611, le Maréchal de COSSE confirme sa donation.

Le 1er mai 1611 Jean DU MONT vend le fief de Vasouy à Antoine du VERGER pour 3100 livres et le 3 mai 1611 la partie non fieffée à Louis HOUEL pour 830 livres et 200 livres de vin. La partie non fieffée consistait en cour, plant, maisons, colombier à pied, jardin, granges, étables et autres édifices.

Pierre PENIN de la RAUDIERE note « Louis HOUEL, conseiller du Roi, contrôleur général des traites de Saintonge, avait été contrôleur général des salines de Brouage et seigneur du Petit Pré, paroisse de Gournay au pays de Caux. Il appartenait à une famille originaire de Vire, qui aurait eu maille à partir sous Philippe le Bel, avec les moines de Troarn.
Après des luttes sanglantes, la famille s’était exilée en Angleterre, puis était revenue acheter en 1345 le fief de la Pommeraye, paroisse de Berville qu’elle conservera pendant plusieurs siècles.
Louis HOUEL fut enterré en 1631 à Saint Nicolas du Chardonneret. Il avait épousé Marie LE PREVOST de Malassis, fille de Christophe sieur de Malassis et de Marie ALEGRAIN. Charles HOUEL leur fils, fut gouverneur et propriétaire des îles de la Guadeloupe en Amérique. »

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La famille de GIVERVILLE

La famille porte « d’or, à la fasce d’azur, chargée d’un croissant d’argent, avec quatre molettes de sable deux au chef et deux en pointe ». Maintenu en l’état de noblesse le 7 juillet 1667.








Pierre PYLON de Giverville est grenetier du grenier à sel de Pont Audemer, conseiller de la Cour des Aides de Rouen à partir de 1450 et anobli sous le nom de GIVERVILLE en 1543. Il  épouse Madeleine GOMBAULT

Charles de GIVERVILLE est conseiller secrétaire du Roi en 1594. Il épouse en premières noces Marguerite de BURES et en secondes Marie de FROTTE. De cette dernière union naissent cinq enfants

Gilles de GIVERVILLE est sieur du Breuil et de Vasouy en 1614 par achat du domaine fieffé à Antoine du VERGER. Il épouse Suzanne de FAUCON, fille du seigneur de Glatigny.
Gilles devient par son mariage seigneur de Glatigny. Il est reçu général des Aides en 1632 en remplacement de Charles DUVAL nommé en 1586. Gilles de GIVERVILLE et  Suzanne de FAUCON ont au moins deux enfants Gilles l’aîné qui lui succède et Jean qui meurt sans alliance. Gilles de GIVERVILLE s’éteint avant 1640.

Gilles II de GIVERVILLE conseiller à la Cour des Aides de Rouen seigneur du fief de haubert de Vasouy en 1640, du Breuil, de Glatigny et Le Cable. Il jouit à ce titre des droits « d’étalières en la mer » c’est-à-dire le droit d’avoir pieux et perches plantés au bord de la mer pour y tendre ses guideaux.  Il épouse le 9 janvier 1637 Catherine de BRETIGNERES, fille de Jacques trésorier de France à Rouen. Paul GUIDECOQ écrit : « Le 27 juillet 1640, Gilles paie 1400 livres de dot à Jacqueline, sa fille mariée à Guillaume VIPART, chevalier seigneur et marquis du Mont Canisy (Tourgeville). (…) Catherine de BRETIGNERES et son époux eurent quelques difficultés pécuniaires car le 11 février 1675 à Rouen, Gilles abandonna à ses créanciers la charge de conseiller du roi et celle de conseiller au parlement dont son fils aîné Gilles était titulaire. Les 6 et 7 juin 1680 devant les tabellions BOURSE et LIOT, il vend la terre de Glatigny qui valait 3980 livres de revenu. Il fut alors qualifié d’homme de capacité mais de nulle probité. » 

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La famille HOUEL – LE PREVOST

Marie LE PREVOST veuve de Louis HOUEL propriétaire du domaine non fieffé fait l’acquisition en 1653 de la seigneurie de Vasouy (domaine fieffé). Pierre PENIN de la RAUDIERE écrit « Le 27 janvier 1654 il est fait remise à Charles de GIVERVILLE par Marie LE PREVOST, veuve de Louis HOUEL du fief de Vasouy, acheté par la dite veuve en 1653 avec tous les droits, rentes, patronage, chauffage à la forêt de Touques, pêche, varech et moulin à eau. »

Charles de GIVERVILLE cousin germain de Gilles II est seigneur de Vasouy par retrait lignager sur la terre appartenant à Marie LEPREVOST comme l’indique un extrait de l’acte de vente au prix principal de 24300 livres plus intérêts et treizième ci-dessous :

« Le 27 janvier 1654 aux Assises de la Vicomté d’Auge tenues à Pont l’Evêque par nous Jean de BOREL écuyer seigneur et châtelain, conseiller du Roi lieutenant civil et criminel de monsieur le bailli de Rouen en la Vicomté d’Auge, en exécution de notre ordonnance entre messire Charles de GIVERVILLE seigneur du Buisson ayant couché clameur lignagère à droit du sang et proximité du lignage des mains de noble dame Marie LEPREVOST veuve de feu Louis HOUEL vivant écuyer sieur du Petit Prey, la terre et seigneurie de Vasouy et toutes ces circonstances et dépendances tant domaines non fieffés, rentes seigneuriales, droit de patronage et de présentation à la cure du dit lieu de Vasouy, chauffages à la forêt de Touques, de pêche et moulin à eau et autres droits et devoirs appartenant à la dite terre et seigneurie de Vasouy relevant du Roi notre sieur et de Demoiselle duchesse de Montpensier pour un fief entier de haubert à cause de sa vicomté d’Auge et sa châtellenie de Touques et d’icelle terre de Vasouy, la terre de Beuzeville en Caux d’une part la dite dame LEPREVOST d’autre et monsieur maître Antoine MARETTE conseiller du Roi en son conseil et avocat général en sa cour des Aides en Normandie à Rouen étant présenté en la cause par laquelle sentence le dit sieur MARETTE et dame LEPREVOST (..) été remis ce jour pour couvrir entre eux d’un dépositaire de la somme de 24300 livres prix de la vente faite à icelle dame de la terre de Vasouy et nécessaire à faire les rembours attendus qu’il y a du greffier des consignations en cette vicomté (…) à icelle dame par le dit sieur MARETTE de toucher les dits deniers se sont par eux parties comparus à savoir le dit sieur MARETTE par maître Jean LE CRUAYS licencié es lois et avocat du Roi en l’Election de ce lieu et la dite dame par Mathurin ELER son procureur (…) des procurations passées devant les tabellions de Pont Authou et Pont Audemer en le siège de Grestain le 16 de ce mois comme aussi le dit sieur du Buisson pour y conserver ses droits lesquels il tient pour l’exécution d’icelle sentence  (…) de Nicolas DUCHIBON écuyer sieur du Fuesney et maître Guillaume BALAN écuyer sieur des Prays conseiller du Roi lieutenant de robe longue en la prévôté générale de Normandie. »

La branche cadette             

Descendance du premier mariage de François de GIVERVILLE.


Charles de GIVERVILLE, fils de François et d’Esther de LOUVIGNY est écuyer seigneur du Buisson puis  seigneur de Vasouy, de Saint Sauveur et de la Houssaye en 1654. Il épouse le 11 juillet 1653 Marie LEBOURGEOIS fille de Pierre, sieur des Ormeaux et de Marie LE GINOIS. De leur union naissent plusieurs enfants :

  • Charles André qui lui succède.
  • Gabriel curé de Vasouy.
  • Suzanne épouse le 24 mai 1695 Michel AMELINE sieur de Fréville, conseiller du Roi, lieutenant de l’Amirauté de Honfleur fils de Laurent écuyer sieur de Saint Laurent, conseiller du Roi, lieutenant de l’Amirauté de Honfleur.

Ils ont au moins un fils Gabriel Michel qui épouse le 20 novembre 1736 à Sainte Catherine Marguerite HATTEN, fille de Jacques et de Marie COULON. Suzanne de GIVERVILLE est inhumée le 6 mars 1722  à Equemauville et Michel AMELINE le 1er février 1724  à Equemauville  à l’âge de 70 ans.

  • Angélique est inhumée le 15 décembre 1693.
  • François, écuyer garde du corps du Roi est inhumé le 21 février 1694 à Vasouy.
  • Guillaume est inhumé le 10 août 1691 à l’âge de 12 ans.
  • Jean Elie écuyer lieutenant garde-côte demeurait à Saint Maclou la Campagne lors de son mariage le 16 mai 1709 à Saint Gatien des Bois avec Marie LEMONNIER fille d’Henry sieur de la Croix, garde du corps de feue la reine mère et de Gabrielle AMELINE. De son union naît au moins un fils Louis Jean inhumé le 3 novembre 1737 en l’église Sainte Catherine à l’âge de 27 ans. Jean Elie de GIVERVILLE est inhumé le 11 janvier 1735 en l’église Sainte Catherine.
  • Charlotte est inhumée le 5 juin 1694 à Vasouy au-dessous de la chapelle de Saint Thibault.

Le 17 juillet 1657 à Pont l’Evêque devant nous Charles HOUSSAIS conseiller du Roi lieutenant de monsieur le Grand Maître des Eaux et Forêts en la Vicomté d’Auge lu et délibéré en présence du procureur du Roi et  de Mademoiselle en la dite Vicomté la requête à nous ce jour d’huy présentée par Charles de GIVERVILLE écuyer seigneur et patron des terres et seigneuries de Vasouy, la Houssaye remontrant que à cause des terres et sieuries il a plusieurs droitures en la forêt de Touques par commission du Roi.

Dans un aveu du 15 décembre 1678 Charles de GIVERVILLE, seigneur de Vasouy, se plaint de ce que le domaine fieffé a été réduit à 100 acres, le surplus ayant été emporté par l’impétuosité de la mer. Henri PELLERIN dans la revue le Pays d’Auge de décembre 1956 note plusieurs éboulements à Vasouy en 1538, 1606, 1615, 1627, 1757 et 1772 où l’éboulement s’étendit sur une longueur de 820 mètres et engloutit le chemin de la Grève. 

Charles de GIVERVILLE est inhumé le 14 janvier 1692 à l’âge de 75 ans dans le chœur de l’église de Vasouy. Sa femme Marie LEBOURGEOIS est inhumée le 13 février 1689 dans le chœur de l’église de Vasouy.

Charles André, écuyer seigneur et patron de Vasouy, Saint Sauveur des Vases, la Houssaye (à Ablon) et autres lieux, capitaine garde-côte de l’Amirauté de Honfleur en 1701  fut baptisé le 21 février 1674 à Vasouy. Il épousa le 17 juillet 1696 à Saint Gatien des Bois Elisabeth de COSTARD de SAINT LEGER fille de Jean et d’Anne de FRESNEL. Le 15 janvier 1697, il demeure  en son manoir seigneurial de Vasouy, donne une procuration afin de présenter en son nom à la chapelle de Saint Sauveur des Vases la personne de Gabriel de GIVERVILLE son frère, prêtre curé de Saint Germain de Vasouy. De son union avec Elisabeth de COSTARD naquirent plusieurs enfants :

  • Louis Claude est baptisé le 15 juillet 1699 à Vasouy qui lui succède comme seigneur et patron de Vasouy
  • Jean Charles est baptisé le 23 juillet 1698 à Vasouy qui hérite de Saint Sauveur et de la Houssaye.
  • Gabrielle est baptisée le 5 juillet 1697 à Saint Gatien des Bois, elle épouse le 13 septembre 1713 à Vasouy Adrien LEMAISTRE, écuyer seigneur de Manneville, fils de Nicolas, écuyer et Catherine DURANT.
  • Antoine Frédéric est baptisé le 10 septembre 1705 à Vasouy.
  • Elisabeth est baptisée le 14 décembre 1702 à Vasouy. 

Charles de GIVERVILLE est inhumé le 5 novembre 1712 à Vasouy et son épouse est inhumée le 26 juin 1711 à Vasouy.

Louis Claude écuyer, seigneur et patron de Vasouy est baptisé le 23 juillet 1699 à Vasouy.

Le 17 septembre 1725, Jacques LEBOUTEILLER, marchand bourgeois de Honfleur y demeurant paroisse de Sainte Catherine, fils et héritier d’Olivier lui rend aveu, confesse et avoue tenir par tènement nuement une pièce de terre en court, plant, maisons dessus à usage de demeure, pressoir et autres contenant deux acres trois vergées, bornée d’un côté Charles LORET par acquêt de Pierre BOURGEOT sieur de Verbuisson, d’autre côté la ruette de Bretaigne, d’un bout le chemin du Val la Reine et d’autre bout le bois du Breuil et Pierre LE BAS. 

Le 2 juin 1731 Louis Claude de GIVERVILLE, fils et héritier en partie de Charles demeurant ordinairement en sa terre de Vasouy, de présent détenu dans la conciergerie du Bailliage de Rouen, cède le domaine fieffé de Vasouy, relevant du Duc d’Orléans par 15 livres, en échange d’une rente de 90 livres et de deux chapons à Nicolas GAMARE de la ROSIERE. De cette vente sont exclus le manoir et le domaine non fieffés ainsi que la cour et jardin du moulin, maisons et bâtiments de ménage. Cet acte fut passé « entre les deux guichets de la conciergerie de Rouen où le dit seigneur de Vasouy a été conduit comme en lieu de liberté. »

Antoine Frédéric de GIVERVILLE demeure à Saint Gatien et est procureur dûment fondé de Louis Claude de GIVERVILLE son frère. Il est écuyer seigneur de Saint Sauveur et succède à son frère en 1731 comme propriétaire du domaine non fieffé de Vasouy. Il épouse en premières noces Marie Magdelaine du TRONCHE de FORTEMAISON (inhumée le 17 février 1736 à Sainte Catherine de Honfleur), fille de feu Pierre et Marie DALIGRE puis en secondes noces suivant une dispense de mariage du 26 novembre 1736 Marguerite GRIEU, fille de feu Jacques écuyer seigneur du Plessis et de Marguerite de TAILLEBOT originaire de Saint Nicolas de Fécamp. De cette seconde union naquit une fille Jeanne inhumée à Sainte Catherine le 25 avril 1741. 

Le 5 novembre 1734 Antoine Frédéric de GIVERVILLE, écuyer seigneur de Saint Sauveur demeurant à Saint Gatien aîné et en partie héritier de la succession de Gabriel de GIVERVILLE, prêtre curé de Vasouy confesse avoir volontairement baillé à fieffe une rente foncière perpétuelle et irraquitable afin d’héritage à discrète personne Pierre LETOREY, prêtre, à présent curé de Vasouy, à savoir une pièce de terre en court et plant avec la maison dessus située à Vasouy. La pièce et choses fieffées ainsi qu’elles se contiennent en tout qui lui est échu par le premier des lots et partages faits entre lui et Jean Elie de GIVERVILLE son oncle sur la succession du curé de Vasouy dont le dit sieur LETOREY a reconnu avoir été saisi par le dit sieur de Saint Sauveur pour lui servir à la possession et jouissance des choses fieffées, amplement bornées et désignées par les lots.

Le  28 mai 1735 Antoine Frédéric de GIVERVILLE a confessé avoir reçu présentement comptant du sieur Nicolas GAMARE, écuyer huissier du cabinet de feu madame la duchesse de Berry demeurant à Vasouy la somme de 4338 livres 18 sols en louis d’argent et monnaie ayant cours et mise le tout en partie de la vente faite par le sieur de Vasouy au sieur GAMARE du domaine non fieffé et seigneurie de Vasouy. 

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La famille GAMARE

En 1734, Nicolas GAMARE est seigneur et patron des bénéfices, terres et seigneuries de Vasouy par l’acquisition qu’il en a faite le 2 juin 1731 comme le prouve le contrat passé devant maître Olivier LAVIDEREL, notaire à Rouen, et autres lieux, conseiller du Roi, huissier de madame la duchesse de Berry et maire perpétuel de la ville de Honfleur en 1734 (voir le chapitre consacré à Nicolas GAMARE maire de Honfleur). Fils d’Isaac, écuyer sieur de la Rosière et d’Anne de LAROCQUE, il est baptisé le 23 février 1670 à Reux. Lors de son mariage le 31 juillet 1700 à Saint Germain de Lisieux avec Marie VAUQUELIN, il est marchand bourgeois de Pont l’Evêque. Marie VAUQUELIN, fille de Jean et de Marie BREARD était veuve de Guillaume HOUSSET, avocat. Par ce mariage Marie VAUQUELIN apporte une dot de 2000 livres ainsi qu’une rente de 200 livres. Nicolas GAMARE épouse en secondes noces le 23 novembre 1744  à Croissonville Magdeleine Catherine LE GOUEZ de CAMBREMER qui lui survécut. Magdeleine LE GOUEZ, fille d’Henri écuyer sieur de Cambremer, seigneur de Cresserons et de Magdeleine LEFANU, lors de son mariage Magdeleine LE GOUEZ de CAMBREMER a porté en dot une somme de 25 000 livres ainsi qu’il résulte du contrat de mariage passé entre les parties et reconnues devant les tabellions de Honfleur le 27 février 1745. Nicolas GAMARE est inhumé à Vasouy le 12 janvier 1756 sans héritier au septième degré. Sa veuve fait alors estimer son héritage et dresser l’inventaire de ses titres et se remarie dès février 1757 avec Louis de GRIMOUVILLE, chevalier, capitaine au régiment de Chartres, fils de Jean-François, chevalier seigneur haut justicier de Bazenville et Anne DUHAMEL.

Voici un extrait de l’acquisition du 2 juin 1731 : « Louis Claude de GIVERVILLE seigneur et patron de Vasouy, détenu dans la conciergerie du bailliage de Rouen et héritier en partie de Charles de GIVERVILLE seigneur de Vasouy et d’Elisabeth de COSTARD et Nicolas GAMARE écuyer présents. Le dit seigneur de Vasouy a bailli, quitte, cédé et délaissé le fief noble de Vasouy qui est un plein fief de haubert qui relève du plein relief de 15 livres de son altesse royale Monseigneur le Duc d’Orléans à cause de son domaine d’Auge dont le chef est assis en la paroisse du dit Vasouy et s’étend en icelle paroisse et aux environs de la Vicomté d’Auge et aux paroisses de Bretteville en Caux Vicomté de Longueville, Raimbertot Vicomté de Montivilliers avec le domaine fief de la basse juridiction, honneurs, hommages, relief etc., patronage et droit de présenter et une pièce de terre contenant une vergée environ bornée d’un côté les héritiers BATAILLE, d’autre côté les héritiers de Pierre de CONTY, d’un bout le rivage de la mer, d’autre bout le grand chemin. La dite pièce pour tenir lieu de plèbe au dit lieu de Vasouy. »

Plusieurs aveux sont rendus à Nicolas GAMARE parmi lesquels :

Le 27 octobre 1730, un contrat de vente est passé entre Nicolas GAMARE et Pierre VANIER pour une maison consistant en boutique, cuisines, chambres, cabinets avec grenier dessus. Dans ce contrat, nous apprenons que Nicolas GAMARE demeurait alors à Paris rue Vaugirard (Paroisse Saint Sulpice).

Le 29 novembre 1734, Jacques GIFFARD prêtre choriste en l’église Sainte Catherine lui rend aveu, il tient et avoue tenir une pièce de terre en nature de pré qui anciennement était en deux pièces contenant un acre environ, bornée d’un côté le chemin appelée le chemin de la Vallée à la Reine, d’autre côté le chemin tendant de la chapelle Notre Dame de Grâce, d’un bout les enfants mineurs de feu Charles LORET et d’autre bout les héritiers d’un nommé DESLANDES. Cette pièce lui appartenant à cause de la succession de Marie HELLIOT, fille de Jean. (Le 3 octobre 1747, Jacques GIFFARD et son frère Charles se son volontairement constitués et obligés envers Nicolas GAMARE pour 60 livres de rente.)

Le 28 juillet 1735, Jacques de BAONNE fils et héritier de Julien demeurant au Havre, avoue tenir une pièce de terre en tènement nuement en court et plant avec une maison à usage de demeure dessus contenant un acre et demi environ.

Le 3 décembre 1736, Jacques MARAIS, sergent royal en l’Amirauté de Honfleur demeurant à Vasouy, avoue tenir de Nicolas GAMARE par tènement nuement deux pièces de terre, la première en court, plant et maisons dessus étant à usage de demeure contenant un demi acre environ bornée d’un côté la pièce nommée la Couture du Verbuisson, d’autre côté Jacques de BAONNE, d’un bout le chemin tendant de Honfleur à Touques et d’autre bout l’aumône du sieur curé de Vasouy ; la seconde en bois, taillis et labeur contenant un acre environ relevant du domaine d’Auge bornée d’un côté les représentants HOUZARD, d’autre côté Jacques LEBOUTEILLER, d’autre bout le bois du Breuil, et d’autre bout la pièce ci-dessus désignée, lui appartenant par acquêt du sieur Antoine VATTIER par contrat passé devant les tabellions de la Vicomté d’Auge le 14 août 1736. 

Le 29 novembre 1740 Isaac GAMARE achète à Michel FALLOUARD, bourgeois de Honfleur, héritier d’Etienne FALLOUARD son père et d’Etienne Charles Philippe FALLOUARD son frère cinq pièces de terre sises à Vasouy :

La première en cour et plant avec maison à divers usages dessus contenant deux acres bornée le dit sieur acquéreur et une ruette tendant au moulin de Vasouy, d’un bout la veuve et héritière POSTEL et d’autre bout le sieur acquéreur.

La seconde en labeur et plant y compris une petite portion en herbe et plant la joignante contenant cinq vergées environ.

La troisième en labeur et plant contenant une acre environ bornant la première.

La quatrième en labeur contenant un acre bornée d’un côté les représentants du sieur BOURGEOT, d’un bout le galley de la mer et d’autre bout le grand chemin tendant de Honfleur à Touques.
La cinquième en labeur contenant une demie acre.

Le 17 octobre 1742, Pierre ROMAIN, marchand épicier demeurant à Honfleur confesse et avoue tenir en la seigneurie de Vasouy une pièce de terre en cour, plant et maisons situés à Vasouy, bornée d’un côté en partie et d’un bout Pierre PIQUENOT représentant Guillaume JACQUES sieur de Belleville, d’autre côté la ruelle de Bretaigne, et d’autre bout et en partie d’un côté Charles COPIEUX représentant Antoine VATIER, pièce acquise de Rosey COUDRAY le 17 octobre 1730.

Le 23 mai 1747, Gentien LECHEVALLIER, lieutenant général aux sièges de Blangy à Honfleur et au dit lieu de Blangy demeurant à Honfleur Haute Rue lequel a reconnu avoir vendu à Nicolas GAMARE, écuyer sieur de la Rosière demeurant à Vasouy une pièce de terre en bois et taillis.

Pierre PENIN de la RAUDIERE ajoute « Nicolas GAMARE comme ses prédécesseurs, en plus du droit de patronage sur la cure de Vasouy, outre le droit de varech depuis la « rue de Longueville » jusqu’à la grosse tour de Honfleur jouissait du droit de prendre le vendredi de chaque semaine tout le poisson que les pêcheurs ramenaient dans l’étendue du dit fief en l’estuaire de la Seine. (…) Tous ces droits revendiqués par Nicolas GAMARE en 1739 lui furent confirmés par arrêt du Conseil d’Etat le 27 février 1749. »

Nicolas GAMARE : maire de Honfleur

Le 3 juillet 1734, Nicolas GAMARE, écuyer huissier du cabinet de feue la duchesse de Berry, seigneur et patron de Vasouy, requiert l’enregistrement de provisions par lesquelles il est pourvu aux charges et offices de conseiller, maire ancien, mi-triennal et alternatif mi-triennal de la ville de Honfleur, ce qui lui est accordé « aux obéissances du dit GAMARE d’obtenir des lettres d’agrément de Son Altesse Sérénissime.
Le 10 juillet 1734, le Duc d’Orléans s’oppose à l’exécution des provisions obtenues par GAMARE.
Le 6 octobre 1734, le conseil lit une lettre de cachet de Son Altesse Sérénissime par laquelle le Duc d’Orléans défend d’admettre le sieur GAMARE à aucune fonction de maire, de l’y recevoir ni le reconnaître de quelque manière que ce puisse être. Le conseil accuse réception du courrier et s’en remet à l’avis du Duc d’Orléans.
Il faut cependant attendre 1736 pour que la charge de maire soit définitivement retirée à Nicolas GAMARE et que les 6500 livres lui soient remboursées.

Un extrait des registres du Conseil d’Etat du 8 mai 1736 indique : « Vu au Conseil d’Etat du Roi sa majesté y étant l’arrêt rendu en icelui le 6 du mois de décembre dernier par lequel sa majesté a ordonné que le sieur Nicolas GAMARE serait tenu de rapporter les provisions des offices de maire de la Ville de Honfleur qui lui ont été expédiées le 4 juin 1734 pour lui être le remboursement fait des finances des dits offices tant en principal, que six deniers pour livres intérêt frais et loyaux coûts et étant nécessaire de liquider les dits finances, intérêts, frais et loyaux coûts ; oui le rapport du sieur ORRY, conseiller d’Etat et ordinaire d’un Conseil Royal, contrôleur général des finances, le Roi en son Conseil a liquidé et liquidé à la somme de 6500 livres la somme des offices de maire de la Ville de Honfleur dont a été pourvu le sieur Nicolas GAMARE (…).

Le 30 avril 1757, suite à la mort de Nicolas GAMARE, un acte est dressé et donne le détail des acquêts de Nicolas GAMARE à Vasouy.

Cette description comprend

  • Le 14 août 1719 Anne GAMARE veuve de Thomas LANGLOIS et Thomas LANGLOIS son fils se sont solidairement et un seul pour le tout et sans division obligés et constituent envers le sieur de la Rosière GAMARE en la faisance d’une partie de 22 livres 4 sols 4 deniers au capital de 400 livres.
  • La terre de Vasouy acquise par le sieur GAMARE par contrat passé devant les notaires de Rouen les 2 et 5 juin 1731 et un contrat de messire Louis Claude de GIVERVILLE écuyer sieur de Vasouy et Antoine Frédéric de GIVERVILLE son frère.
  • La terre de Meautrix vendue au sieur GAMARE par noble dame Catherine REBUT veuve de messire Robert de DRAMARD et héritière de feu Alexandre REBUT par contrat passé devant les tabellions de la Haute Justice d’Hennequeville le 3 août 1744 par prix de 18 000 livres.
  • De la rétrocession d’une fieffe faite par Frédéric Antoine de GIVERVILLE à maître Pierre LETOREY curé de Vasouy le 4 janvier 1740 au profit du sieur GAMARE.
  • Deux pièces de terre situées en la paroisse de Vasouy acquise par le sieur GAMARE du sieur Gabriel BARDET par Elie COUILLARD suivant le contrat en date du 21 juin 1743.
  • D’une partie de 30 livres de rente acquise par prix de 750 livres pour le principal de Nicolas LETOREY qui avait à prendre sur le sieur Pierre LETOREY curé de Vasouy suivant l’achat qu’il en avait fait du sieur de GIVERVILLE et contrat passé le 5 novembre 1734.
  • Par devant les tabellions de Honfleur le 5 juin 1736 Anne HALLEY veuve et non héritière de Jean HOUZARD et de Guillaume HOUZARD donne à fief au sieur GAMARE une pièce de terre en cour et plant contenant un demi acre.
  • Le 4 janvier 1738 devant les conseillers du Roi, notaire à Paris le sieur François DESHAYES transporte et abandonne au sieur Nicolas GAMARE une partie de 75 livres de rente à prendre par demoiselle Anne GAMARE veuve de Thomas LANGLOIS.
  • La terre des Brosses sise en la dite paroisse de Vasouy retirée par le dit sieur GAMARE, vendue au sieur CHEVALIER par contrat du 13 avril 1739.
  • La terre du Butin retirée à droit féodal sur la vente faite à Claude MOREL, bourgeois de Honfleur et contrat passé devant les tabellions du dit lieu.
  • Par contrat sous seing du 18 avril 1743 du sieur Pierre BREARD marchand à Rouen se constitue envers Nicolas GAMARE en 200 livres de rente au capital de 4000 livres.
  • Par contrat du 28 octobre 1743 la dame ANCELOT veuve PALET se constitue en une partie de 70 livres de rente au capital de 400 livres au profit du sieur GAMARE devant les tabellions de Pont l’Evêque.
  • Contrat sous seing privé au profit du sieur GAMARE fait par monsieur de BAYEUL par lequel il se constitue en 125 livres de rente au capital de 2400 livres laquelle a été requittée suivant la sentence rendue contradictoirement entre les parties.
  • Par autre contrat sous seing du 5 janvier 1745 monsieur de MARLUIBAS se constitue envers le sieur de Vasouy en 900 livres de rente au capital de 18 000 livres par contrat du 18 mai 1746.
  • Charlotte ANCELOT veuve de Jean Baptiste PALET se constitue en une partie de 30 Livres de rente en exemption de dixième et vingtième au profit du sieur GAMARE au capital de 600 livres, contrat passé devant les tabellions de Pont l’Evêque.
  • Le 10 février 1745 les sieurs Antoine et Jean Antoine HOUSSAYE se constituent envers messire de Vasouy en 42 livres de rente au capital de 1853 livres devant les tabellions de Honfleur.
  • Le 3 octobre 1747 le sieur Jacques GIFFARD, prêtre et Charles GIFFARD son frère se constituent devant les tabellions de Honfleur envers messire de Vasouy en 60 livres de rente au capital de 1200 livres.
  • Par contrat du 4 octobre 1751 Jacques LEBOURG avocat demeurant à Pont Audemer se constitue envers le sieur GAMARE en 200 livres de rente au capital de 4000 livres.
  • Par contrat du 5 novembre 1751 monsieur de MANNOURY demeurant à Pont l’Evêque se constitue devant les notaires de Honfleur en 600 livres de rente au capital de 12 000 livres.
  • Contrat passé le 24 juillet 1755 devant les notaires de Honfleur par lequel Augustin MARAIS se constitue en partie de 15 livres de rente hypothèque envers le sieur GAMARE au capital de 300 livres.

Au décès de Nicolas GAMARE un problème de succession apparaît entre Madeleine LE GOUEZ de CAMBREMER sa veuve et héritière, Thomas et Guillaume LANGLOIS comme étant déclarés héritiers aux propres de Nicolas GAMARE et comme représentants de Jean GAMARE leur bisaïeul et oncle de Nicolas GAMARE et François, Jean, Pierre et Jean-Baptiste LEMOINE comme étant déclarés héritiers aux meubles et aux acquêts  du dit défunt et comme représentants de Marguerite GAMARE leur aïeule et tante paternelle de Nicolas GAMARE.  Un pled s’est tenu à cet effet le 27 mai 1758 à Honfleur.

La famille GAMARE - LANGLOIS

La famille GAMARE - LEMOINE

Le 10 juin 1758, un jugement du bailliage de Honfleur constatait la déshérence et conformément à l’article 146 de la coutume de Normandie, envoyait en possession de l’héritage le quatrième Duc d’Orléans vicomte d’Auge, duc de Montpensier, père de Philippe-Egalité et grand père de Louis-Philippe.

L’estimation de la succession effectuée le 30 avril 1759 s’élève à 180 000 livres en valeur mobilière. Le répertoire des titres du 3 mai 1759 remis au Duc d’Orléans indique que Bretteville en Caux, le Butin, Meautrix et la Chapelle-Infray dépendait de Vasouy.

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La famille d'ORLEANS

Louis Philippe quatrième duc d’Orléans, vicomte d’Auge, duc de Montpensier est seigneur de Vasouy de 1758 à 1760 par déshérence. Il est né le 12 mai 1725 à Versailles, fils de Louis d’ORLEANS et d’Auguste Marie Jeanne, princesse de Bade. Premier prince de sang, lieutenant général des armées et procureur du Dauphiné, il épouse le 17 décembre 1743 Louise Elisabeth de BOURBON-CONTI. De cette union naissent deux enfants Philippe-Egalité né le 17 avril 1747 à Saint Cloud et Louise-Marie née en 1750 et épouse en 1770 Louis Henri Joseph de BOURBON. Louis Philippe d’ORLEANS meurt le 18 novembre 1785 au Château de Sainte Assise en Brie et sa femme le 9 février 1759.   

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La famille HERVAL

La famille porte « d’écartelé aux 1er et 4ème, échiqueté de gueule et d’or à la bordure de sable chargée de molettes d’or aux deux et trois d’azur à fasces d’or chacune chargée de deux flanchés de sable ».

 Pierre PENIN de la RAUDIERE ajoute «  il n’est pas impossible que Jean Charles HERVAL descendit d’un HERVAL, un des douze comtes compagnons de Guillaume de HAUTEVILLE dans la conquête des Deux Siciles, qui à la réunion de Melfi, en 1043, avait reçu en partage Trigento dans les Pouilles ; en tous cas sûrement d’une famille implantée au début du XVIIème siècle à Mesnil Mauger, près de Mézidon. »

L’acquisition le 10 mai 1760 par Jean Charles HERVAL du fief de Vasouy fixée à un montant de 25 000 livres comportait «  le fief, terre et seigneurie et patronage de Vasouy, rentes seigneuriales, foi et hommage, relief, trentième, services, casualités et autres droits seigneuriaux y attachés avec circonstances et dépendances sans aucune réserve ni exception ainsi que le tout se contient et tout et autant qu’il en appartient à son altesse sérénissime à droit de déshérence et ligne éteinte du feu GAMARE du chef de Charlotte LELIEVRE son aïeule maternelle et que sa dite altesse sérénissime a droit de réclamer, posséder en domaine fieffé et non fieffé au terme de la sentence rendue le 10 juin 1758 et comme les possesseurs du dit fief, terre et seigneurie avait droit d’avoir et prendre 300 bûches dans la Forêt de Touques, son altesse sérénissime s’est réservé le dit droit de 300 bûches et les autres droits qui pourraient appartenir au dit fief en icelle forêt de Touques mais pour récompenser le sieur HERVAL et lui tenir lieu de droits réservés au profit de son altesse sérénissime le dit sieur LEMOINE de BELLISLE, intendant des finances de Monseigneur le duc d’Orléans, au nom de son altesse sérénissime a cédé en propriété au dit sieur HERVAL ce acceptant la mouvance, rentes et droits seigneuriaux et coutumiers sur 28 acres 3 vergées 2 perches de terre et sur le droit de prendre dans la petite rivière de Vasouy anciennement aliénée et qui fit partie des mouvances roturières du Domaine d’Auge en la paroisse de Vasouy en plusieurs tènements montant à 6 livres 10 sols. »

Les tènements étaient au nombre de sept : La fasce Bretagne, le tènement Clouet, le fief du Lieu Boursier, le fief Maison, le lieu Fournier, le Lieu Gernigou et le parc de Vasouy.

« Et enfin le droit de pêche de l’Eau de Vasouy appartenant à Michel FALLOUARD moyennant 50 sols de rente. Toutes ces mouvances roturières seront désunies du domaine du Vicomte d’Auge pour être et demeurer du dit jour de Noël dernier et à l’avenir incorporées au corps du domaine du fief et seigneurie de Vasouy et ne composait à l’avenir qu’un même corps de fief tenu noblement de son altesse sérénissime en sa Vicomté d’Auge et appartenant au dit sieur HERVAL lequel souffrira l’exercice de baux actuels aux  fermiers qui sont en jouissance et percevra le loyer et fermage des locataires. »  

Jean Charles HERVAL, écuyer seigneur et patron de Vasouy, procureur domanial du Duc d’Orléans depuis le 16 janvier 1746 est baptisé en 1712. Il épouse le 2 février 1748 Louise Catherine Michelle Antoinette ROUELLE. Premier maire de Pont l’Evêque en 1760. Il agrandit sensiblement son domaine, le 31 janvier 1760 il achète deux pièces de terre appartenant à Jean LEMOINE, le 5 mai 1761 les six pièces de terre formant le lieu FALLOUARD appartenant à Jean LEMOINE, le 21 avril 1761 François LEMOINE lui  vend une pièce de terre nommée la cour du Colombier et une place de terre avec le moulin dessus, le 21 août 1761 le colombier touchant la ferme du manoir, le moulin de Vasouy et l’étang qu’il commande appartenant à Jean LEMOINE, le 14 janvier 1762 Marie madeleine GROSSE veuve de François LEMOINE vend à Jean Charles HERVAL deux pièces de terre, une en bois taillis et une en herbe nommée la Couture pour 3500 livres et 24 livres de vin.
Jean Charles HERVAL est décédé le 22 octobre 1782 à l’âge de 69 ans, il est enterré au milieu du chœur de la chapelle de Vasouy dont la nef était déjà remplie de pierres tombales aux inscriptions illisibles. Sa sépulture violée pendant la Révolution comportait l’inscription suivante :

Sa veuve Louise Catherine ROUELLE poursuit l’agrandissement du domaine en achetant la terre de Conty en 1786. En 1796 elle insiste pour payer les intérêts de l’achat de l’herbage du Camp du pont. Elle meurt en l’an X.

Jean Philippe Antoine HERVAL né le 5 avril 1751 est  écuyer seigneur et patron de Vasouy puis maire de Vasouy de l’an XI à 1843. Il est confirmé dans ses prérogatives de seigneur et patron de Vasouy le 19 novembre 1785. Le 12 mai 1788 il est déclaré débiteur de 300 000 livres en règlement des comptes de son père dans la gestion des biens du Duc d’Orléans. Pendant la révolution il est poursuivi, caché par son fermier Simon dans la ferme du manoir arrêté puis relâché.  Il épouse le 27 janvier 1790 Reine Elisabeth HUBERT fille de Louis et de Françoise Charlotte ASTRE. En l’an II, il réclame vainement à la  municipalité de Honfleur la restitution des titres de propriétés qui avaient été mis sous scellés le 14 novembre 1790 lors de la suppression du baillage, comme produit au greffe lors d’un procès avec les héritiers GAMARE. Le 16 Germinal An VII, le canton de Pont l’Evêque lui donne mainlevée sur ses biens après paiement des 300 000 livres dues. Il décède le 23 août 1843 et est enterré dans la chapelle de Vasouy comme son épouse décédée le 23 mars 1843.

Adolphe HERVAL né le 29 janvier 1794 à Vasouy hérite du manoir de Vasouy et des propriétés familiales. Il est chef d’escadron de la garde royale, il épouse Rose GUTTINGUER. Il vend le domaine de Vasouy le 22 décembre 1843 à sa sœur Caroline. Il est élu maire le 17 septembre 1848 et le reste jusqu’à sa mort à Vasouy le 1er octobre 1887.  

Caroline HERVAL née en 1797. Elle devient chanoinesse de Sainte Thérèse de Bavière le 19 décembre 1845. Elle est propriétaire du domaine de Vasouy dont elle lègue la nue-propriété à son petit-neveu Etienne Frédéric PONTOI CAMUS de PONTCARRE en 1870 et lègue l’usufruit à sa nièce Elisabeth Marie DENOIS (1817-1897), mère d’Etienne Frédéric et femme de Jules PONTOI CAMUS de PONTCARRE (1817-1903) en 1893 qui renonce à l’usufruit en faveur de son fils. Caroline HERVAL s’éteint le 5 mai 1893 à Vasouy.

Etienne Frédéric Charles PONTOI CAMUS de PONTCARRE est né le 18 septembre 1856. Il épouse Marie Thérèse DAMIENS de RANCHICOURT et a deux enfants Frédéric et Elisabeth. Il s’éteint le 18 mars 1897 à Villebon.

Frédéric PONTOI CAMUS de PONTCARRE est décédé le 31 décembre 1914, l’intégralité du domaine revient à sa sœur Elisabeth sa légataire universelle.

Elisabeth PONTOI CAMUS de PONTCARRE épouse Pierre PENIN de la RAUDIERE en 1919. Elle réunit le manoir et le chalet à la mort de son frère Frédéric. Elle est décédée le 19 mars 1922 en son domicile parisien et institue pour son légataire universel son mari. 

Pierre PENIN de la RAUDIERE épouse en 1925 et en secondes noces Gabrielle TUFFIER qui décède en 1950, puis en 1951 en troisième noces Marguerite de ROHAN CHABOT dont il a une fille Hélène née en 1954 et épouse de Christian ARMAND de CHATEAUVIEUX.

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Les sénéchaux, greffiers et prévôts

Les sénéchaux

Nicolas DESTIN est sénéchal en 1451
N. DELESPINE est sénéchal en 1488
Jacques GRENGUET est sénéchal en 1508
Jehan LE PARMENTIER est sénéchal en 1517

Il existe à Saint Gatien des Bois un tènement nommé LE PARMENTIER contenant 18 acres et tenu le 26 avril 1548 par François CORDIER à cause de Françoise LE PARMENTIER sa femme, par Guillaume LABBEY à cause de sa femme Marie LE PARMENTIER et par Jehan BALAN à cause de sa femme Marguerite LEPARMENTIER. Toutes trois filles et héritières de Jehan LE PARMENTIER leur père et d’Hélye LE PARMENTIER leur frère. Jehan LE PARMENTIER est fils de Nicolas.

N. CECIRE est sénéchal en 1526
Pierre NOEL est sénéchal en 1537
Jehan CONSTENTIN est sénéchal en 1553
Guillaume LEJUGEUR, avocat est sénéchal en 1579
Guillaume LARCHER est sénéchal en 1605
Philippe BELLET est sénéchal en février 1614
N. THOUREL est sénéchal à partir de mars 1614 jusqu’en 1617
Adrien LE LOU, avocat, est sénéchal en 1617 et en 1631
Charles BARBEL avocat sénéchal en 1646
Jacques LE LOU, avocat est sénéchal en 1654 - 1657
Jacques DROULLIN bailli de la Haute Justice de Blangy  est sénéchal de 1668  à 1689.
Jean PATIN est sénéchal en 1675
Louis COUSIN avocat lieutenant de la Haute justice de Hennequeville, est sénéchal en 1688, en 1701.
Olivier VAQUET est sénéchal de 1725 à au moins 1748. Il est né vers 1690, fils de Jean Henry, avocat et de Blanche PLAIMPEL. Il est maire de Honfleur de 1729 à 1732, en 1746, en 1752 et de 1755 à 1756 et procureur du Roi en l’Amirauté de Touques.
Bailli de la Haute Justice de Grestain il est l’un des administrateurs de l’hôpital. Il épouse Marie PREMORD. Il est inhumé le 13 octobre 1759 en l’église Sainte Catherine de Honfleur.

Michel LECLERC est sénéchal en 1741.

Les greffiers

Jehan DENANTES est greffier en 1579
Philippe AMELYNE est greffier en 1584
N. AUBOULT est greffier en 1595
Guillaume de BAONNE est greffier en 1605
Nicolas BOREL, tabellion royal à Honfleur, est greffier en 1614
Guillaume de VALSEME est greffier en 1631
David HATTEN tabellion est greffier en 1657
Charles LEPROU est greffier en 1701
Léonard PINEL est greffier en 1725, en 1735
Charles Thomas SOUILLIER est greffier en 1742, en 1745

La tenue du plaid de Vasouy était au Val Chouquet jusqu’en 1688, il se tient après sur le fief au manoir seigneurial .

Les prévôts

Les prévôts ci-dessous était attachés aux aînesses Dupont, Pellerin, Rouval et Vaultier 

En 1654 Jean d’HERBIGNY
En 1655 et 1656 Charles BATAILLE
En 1657 Guillaume GIFFARD

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Le manoir de Vasouy

A proximité de la mairie actuelle se trouve le manoir de Vasouy, au milieu d’un parc planté de hauts arbres, agrémenté de miroirs d’eau et d’une pigeonnier de seigneurie cossue. Il fut sans doute construit par Nicolas GAMARE, le style bien que d’allure traditionnellement Louis XIII, coïncide bien avec les dates auxquelles Nicolas GAMARE est seigneur de Vasouy.

Le 21 avril 1761 François LEMOINE vend à Jean Charles HERVAL une pièce en herbe et plant avec colombier étant dessus, contenant une vergée et demie, bornée d’un côté le dit sieur HERVAL pour sa terre du manoir acquise de Jean Baptiste LEMOINE, d’autre côté le bien du moulin, d’un bout le chemin tendant à la mer et d’ autre bout l’étang du dit moulin, la dite cour affermée au nommée REQUIER pour 20 livres par an.

En 1885, il est ainsi décrit « construction de pierre, briques, cailloux, couvert en ardoises, gouttières en zinc, composé de cuisine, vestibule, escalier, laiterie, autre vestibule, salle de bains, salle à manger lambrissée, salon lambrissé et chambre à côté.
Au premier étage un vestibule, cinq chambres et cabinets, vestibule, quatre chambres mansardées et grenier en comble sous le toit.

Les locataires 

N. DELARUE est avocat jusqu’en 1902. Il s’agit du grand père de Lucie Delarue-Mardrus.

Lucie DELARUE-MARDRUS évoque à plusieurs reprises son enfance dans la revue des deux mondes parue le 1er mars 1938 : «  Je me souviens d’une arrivée au manoir de Vasouy, près de Honfleur, propriété qui succédait au Breuil où s’était écoulée ma seconde enfance. Fut-ce la première arrivée ? Il se peut que je confonde quelquefois les dates. Tout cela est déjà si loin. Je venais d’être reçue à mon examen. Pour le passer, j’étais rentrer seule à Paris avec mon père et l’une de mes sœurs pendant quelques jours.
L’allée qui conduisait à la maison tournait dans la verdure épaisse. On passait pour la prendre par cette belle barrière toujours là, connue depuis l’enfance, et qui représentait pour nous, étant petites, une barrière de conte de fées.
Un pigeonnier ancien contenant mille cases pour les pigeons et constituant autrefois «  le droit du seigneur », comme l’expliquait mon père, se présentait d’un côté de l’allée, à l’entrée du parc assombri par ses grands vieux arbres. A droite, on voyait, tout proche, l’estuaire, par delà le premier étang, couleur de vert-de-gris, tant les herbes l’envahissaient. Tout à coup la maison apparaissait, solide, épaisse sous son toit Louis XIII, et flanquée d’un lierre immense qui l’enveloppait comme une cape. Des rangs de lis rouges et de lis blancs conduisaient, proches de la serre, à la grande pelouse au bout de laquelle coulait, copieuse, dans le second étang, une source éternelle et chantante ; et, débordé jusque là, le parc se mirait dans l’eau maçonnée plus claire et plus rafraîchissante qu’une glace de Saint Gobain. La suite de la propriété descendait vers l’estuaire par des arbres qui dissimulaient les remises, puis par de vastes près ayant au milieu de la ferme. Rien ne me plut jamais autant que cette demeure enfoncée dans  les arbres et tout proche de la marée, à la fois cachée aux regards et longeant la route de Trouville, si amusante en ce temps-là, avec son passage de voitures de toute sorte, depuis les charrettes paysannes jusqu’aux fringants équipages où les Parisiennes à la mode, pendant la saison se prélassaient en coquetant. Un étroit et long sentier derrière une haie permettait de s’asseoir sans être vu, pour regarder à loisir le va-et-vient de cette route, spécialement tournante à cet endroit là.
Arrivée de la gare, encore toute pantelante de travail, je suivais l’allée au sortir de la barrière, le long des lis rouges et des lis blancs, et j’étais saisie d’une grande joie. La maison était pleine de sœurs, de neveux, de nièces, de beaux-frères, ma grand-mère et ma mère au milieu du tout. Les vacances s’ouvraient, il faisait beau. C’était comme le premier chapitre d’un grand bonheur. (…)
A Vasouy, noctambule tous les deux, mon père et moi faisions parfois ce que nous appelions « des parties d’aurore » . Allongé dans la salle de billard, sa pipe à la bouche, il songeait ; moi, je lisais ou dérivais en fumant des cigarettes. Nous n’échangions pas une parole. Mais, quand la nuit se terminait, nous nous levions ensemble en silence, et sortions dans le parc pour voir se lever le soleil.
En temps ordinaires, à Vasouy, ne pouvant faire autrement, j’écrivais à la table de cette chambre que je partageais avec ma sœur Georgina, devant la fenêtre à petits carreaux. Protégée par son alcôve, elle ne souffrait pas de ma lampe, et s’endormait au grincement de ma plume sur le papier. Comme à Paris, la maison ne semblait même plus respirer. Parfois ma grand-mère, qui logeait au-dessus frappait des coups dans ses murs, ou parlait, ou traînait son lit. Puis tout retombait dans le sommeil. Et parfois aussi, pour ma terreur insurmontable, une chauve-souris, entrée par la cheminée comme il arrive souvent dans ces maisons de campagne, tourbillonnait tout à coup autour de ma tête, circuits cotonneux et muets qui me retiraient  le sang des veines comme s’il se fut agi de quelque fantôme volant.
Il m’arrivait aussi quelquefois de sortir à pas de loup de la chambre, de descendre l’escalier de même, et, sans me faire entendre de mon père qui veillait en bas, d’aller me promener dans le parc, pour le bonheur d’être seule avec la nuit. Je longeais l’étang noir où des lumières froides descendaient du ciel clair-obscur, où la source coulait, invisible, avec son bruit monotone. Et je vivais ainsi des instants selon moi-même, si semblables à mes poèmes que je n’éprouvais pas le besoin, en rentrant, de mettre en vers de qui venait d’être plus beau que n’importe quels vers… VASOUY ! J’y aurais respiré les heures les plus parfaites, les plus ressemblantes de ma jeunesse. »

Edouard William DODD, richissime américain est né le 25 mars 1848 à Boston (Massachusetts – USA), fils de John DODD et de Théoda WILLIAMS. Il épouse Anne BOVVMAN.  Edouard William DODD venait, en compagnie de son épouse, passer ses étés dans sa propriété normande, affectionnant les sites et les magnifiques panoramas. Sa femme consacra un ouvrage à la Normandie, à l’usage des Américains intitulé « Three Normandy’s Inn » Edouard William s’éteint le 6 septembre 1909 en son manoir de Vasouy. Madame DODD est toujours locataire du manoir dans les années 20 comme nous l’apprend un bail du 27 novembre 1920 signé avec Elisabeth de PONTOIS CAMUS épouse de Jean Joseph Pierre PENIN de la RAUDIERE.

Dans les années Cinquante, le manoir est propriété de Ludovic JARDEL. Aujourd’hui il est propriété de Madame BOELEN.

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