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La terre de Conty

La terre de Conty tient son nom de la famille CONTY qui la possède au XVI° siècle. Elle relève de la seigneurie de Vasouy.

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La famille de CONTY

Avant 1566, Jean de CONTY, fils de Jean, bourgeois de Honfleur achète la terre de Conty, et  échange d’autres terres avec Etienne de VATEMARE, écuyer seigneur de Vasouy. Lors de son décès avant le 25 août 1566, son fils Jehan dit du Mont, bourgeois de Honfleur rend aveu à Etienne de VATEMARE pour les mêmes terres.

Jehan de CONTY, fils de Jean est conseiller au siège présidial de Caux à Caudebec entre 1596 et 1618. Il épouse Claude DUPRE. De cette union naissent au moins deux enfants Pierre et Alexandre. Il rend aveu le 7 juin 1618 à Gilles de GIVERVILLE, seigneur de Vasouy pour seize pièces de terre nommées « La terre de Conty ».  Jean de CONTY s’éteint avant 1646.

Pierre hérite de la terre de Conty et Alexandre du Villambert à Saint Gatien des Bois que son père avait acheté en 1603. Alexandre de CONTY eut au moins trois enfants : Jean, Charles et Philippe.

Pierre de CONTY est conseiller du Roi au siège présidial et bailliage des Eaux, garde des sceaux au dit bailliage et siège présidial de Caudebec où il réside. Il rend aveu au seigneur de Vasouy en 1646, en octobre 1648 et en 1663. Il épouse Madeleine LE MASSON.
Deux enfants naissent de cette union Susanne et Marie Anne qui est inhumée le 2 janvier 1695 à Vasouy. Pierre de CONTY s’éteint avant 1670.

La terre de Conty passe alors, par succession, à Susanne de CONTY. Elle épouse Pierre BOURGEOT, conseiller du Roi, grenetier au magasin à sel de Honfleur puis contrôleur au grenier à sel. De cette union naissent au moins quatre enfants Jean, Charles, Louis et Pierre. Pierre BOURGEOT est inhumé avant avril 1679.

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La famille BOURGEOT

Jean BOURGEOT est prêtre décédé avant 1679.

Charles BOURGEOT conseiller du Roi et avocat au parlement de Paris est décédé avant 1679.

Jean BOURGEOT est décédé avant 1679.

Louis BOURGEOT sieur du Verbuisson est conseiller du Roi et grenetier du grenier à sel de Honfleur.

Pierre BOURGEOT, fils de Pierre (inhumé le 2 février 1699 à Sainte Catherine de Honfleur) et de Susanne de CONTY est sieur du Verbuisson, avocat au Parlement de Rouen. Il épouse, suite au contrat de mariage du 28 avril 1679, Jeanne THIERRY fille de Charles conseiller du Roi, élu et contrôleur des tailles en l’Election de Pont l’Evêque et de Françoise PATIN. Dans ce contrat de mariage, Pierre BOURGEOT a dit « à présent payé un douaire coutumier à la dite demoiselle THIERRY sur tous ses biens et héritages présents et à venir et Charles THIERRY a promis à Pierre BOURGEOT la somme de 10 000 livres tournois pour la part que sa fille pourrait espérer en sa succession et prétendre en celle de feue sa mère. »  De cette union naissent au moins quatre filles Jeanne, Françoise, Anne et Charlotte Angélique.

Le 12 juillet 1701, il avoue tenir de  Charles de GIVERVILLE, seigneur et patron des fiefs, terres et sieuries de Vasouy, la Houssaye et autres lieux quatorze pièces de terre dont la terre de Conty dont voici le détail

«  La première en cour, plant et labour avec les maisons dessus étant à usage de demeure nommés CONTY entièrement en plusieurs pièces contenant neuf acres environ, borné d’un côté mon dit sieur de Vasouy, d’autre côté le chemin tendant de Honfleur à Touques et au Val la Reine, d’un bout Charles de GIVERVILLE, le presbytère, Pierre HOUZARD et la sente de la veuve des BOUYS et d’autre bout l’aumône et Antoine VATTIER .

La seconde en court et plant nommée la cour GERNIGOUT contenant une demie acre environ bornée d’un côté le grand chemin de Honfleur à Touques, d’autre côté le chemin tendant  au Val la Reine, d’un bout les représentants de Charles PAULMIER, d’autre bout une place où est plantée la croix de Vasouy à lui appartenant étant d’une perche et demie au droit de maître Jean de CONTY son aïeul.

La troisième en labour contenant une acre environ bornée d’un côté Charles de GIVERVILLE, d’autre côté les représentants de Jean JOURDAIN, apothicaire, d’un bout le grand chemin tendant de Honfleur  Touques et d’autre bout le gallé de la mer.

La quatrième en labeur contenant une vergée et demie environ, bornée d’un côté Charles de GIVERVILLE, d’autre côté les enfants de Pierre HOUZARD, d’un bout le grand chemin du dit Honfleur à Touques, et d’autre bout le gallé de la mer.

La cinquième en labeur contenant une acre environ, bornée d’un côté Charles de GIVERVILLE, d’autre côté maître Olivier LE BOUTEILLER, d’un bout le grand chemin et d’autre bout le gallé de la mer.

La sixième en labeur contenant une acre et demie environ bornée d’un côté Charles de GIVERVILLE, d’autre côté Etienne FALLOUARD, d’un bout le dit grand chemin et d’autre bout le gallé de la mer.

La septième en labeur contenant demie acre bornée d’un côté les dits enfants HOUZARD, d’autre côté Etienne FALLOUARD, d’un bout le grand chemin de Honfleur à Touques et d’autre bout le gallé de la mer.

La huitième en labeur contenant deux acres environ, bornée d’un côté les enfants HOUZARD, d’autre côté moi dit BOURGEOT et Antoine VATTIER, d’un bout le grand chemin de Honfleur à Touques et d’autre bout le gallé de la mer.

La neuvième nommée La FOSSE contenant trois acres environ bornée d’un côté moi dit BOURGEOT, d’autre côté le gallé de la mer, d’un bout le dit VATTIER et Charles de GIVERVILLE et d’autre bout les enfants HOUZARD.

La dixième en court, plant et labeur avec les haies étant dessus contenant cinq vergées environ bornée des deux côtés et d’un bout maître Hélie LECHEVALLIER, avocat et d’autre bout les représentants de BAONNE.

La onzième pièce en pré et herbage contenant environ deux acres bornée d’un côté le grand chemin de Honfleur, d’autre côté moi dit BOURGEOT et les représentants HOUZARD, d’un bout Charles de GIVERVILLE et d’autre bout le sieur Charles GIFFARD, marchand.

La douzième pareillement en pré contenant une acre environ, bornée d’un côté Charles de GIVERVILLE, d’autre côté moi dit BOURGEOT, d’un bout le grand chemin de Honfleur et d’autre bout moi dit BOURGEOT et Antoine VATTIER.

La treizième en labour, plant et broussaille avec les haies et bois étant dessus, nommée le jardin à la couturière et la cour aux bertres en deux pièces avec les maisons dessus étant à usage de demeure contenant trois acres bornée d’un côté le Bois du Breuil, d’autre côté le chemin du Val la Reine et la Croix de Vasouy, d’un bout le dit BOUTEILLER et d’autre bout Louis VIEL.

La quatorzième en labeur et plant, pré et pâturage en deux pièces séparées d’une haie contenant trois acres, bornée d’un côté le chemin du Val la Reine à Honfleur, d’autre côté mon bois taillis, d’autre bout maître Charles THIERRY et d’autre bout le sieur GIFFARD, marchand, par acquêt du sieur TAILLEFER, à cause desquelles pièces j’ai droit de mettre des étalières à la mer dont la marée du vendredi doit appartenir à Charles de GIVERVILLE de sorte que toutes les pièces ci-dessus et pour toutes leurs successions et redevances seigneuriales, par l’arrêté fait à Charles de GIVERVILLE sur son registre le 12 février 1697, je suis nommé et obligé lui payer annuellement au terme de Noël la somme de douze livres faisant partie de plus grande somme parce que la somme de sept livres deux sols et dix deniers de rente que j’ai le droit de retenir en mes mains demeureront compensée comme ci-devant, suivant mes lettres et aveux à quoi il n’est entendu déroger sans novation d’hypothèque et du consentement du dit sieur de Vasouy ni que cela le préjudice au rachat de la dite rente. »

Pierre BOURGEOT et Jeanne THIERRY sont décédés avant 1710.

Charlotte Angélique BOURGEOT est baptisée le 13 mai 1682 à Sainte Catherine de Honfleur. Son parrain est Robert THIERRY, conseiller du Roi, président du grenier à sel de Honfleur et subdélégué de monsieur l’intendant et sa marraine est Charlotte de BOISLEVESQUE femme de Robert THIERRY.

Anne BOURGEOT est baptisée le 9 avril 1688 à Sainte Catherine de Honfleur. Son parrain est Thierry COUSIN et sa marraine Anne PATIN.

Jeanne BOURGEOT épouse le 11 septembre 1698 à Vasouy Nicolas DU SOUCHAY, sieur des Fosses, fils de Louis sieur des Fosses et de Marguerite CONSTANT. Originaire de Saint Lubin de Châteaudun, il est capitaine du régiment de la Manche. De cette union naît un fils Nicolas baptisé le 9 décembre 1699 à Vasouy.

Françoise BOURGEOT épouse vers 1711 François DESCALLES, écuyer sieur du Bois-Hebert comme le prouve la dispense de ban établie le 26 mars 1711 par le curé de Vasouy. François DESCALLES est fils d’Elie et de Gilone LEMAISTRE. De cette union naissent plusieurs enfants, dont Charles-François, Françoise et Marie-Thérèse.

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La famille DU SOUCHAY

La terre et le manoir de Conty passe entre les mains de Jeanne BOURGEOT, puis par son mariage entre celles de Nicolas DU SOUCHAY qui rend aveu au seigneur de Vasouy le 28 septembre 1736, sa veuve représentée par Charles François DESCALLES rend aveu à Nicolas GAMARE le 2 mai 1748.

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La famille DESCALLES

La famille porte « de gueules à un chevron d’argent accompagné de trois coquilles de même »

Charles-François DESCALLES, écuyer sieur du Verbuisson reçoit le 31 août 1737, par donation de sa tante Jeanne la terre de Conty. Il rend aveu à Nicolas GAMARE, écuyer seigneur de Vasouy le 2 mai 1748. Le 10 juillet 1748 il constitue 150 livres de rente en faveur de maître Marin François MOREL acolyte afin qu’il puisse parvenir aux ordres sacrés. Cette rente est hypothéquée sur la terre et ferme de Conty.

Françoise et Marie-Thérèse DESCALLES sont déclarées héritières de leur frère Charles François le 2 juin 1779.

Françoise DESCALLES vend la terre de Conty le 6 avril 1786 à Louise Catherine Antoinette ROUELLE, veuve de Jean Charles HERVAL, écuyer seigneur et patron de Vasouy. La terre est vendue pour la somme de 20 000 livres, à laquelle est ajoutée 800 livres de rente viagère. Le fermier de Conty était alors Olivier DESHAIES. Françoise DESCALLES est inhumée le 15 octobre 1789 en l’église de Saint Léonard, à l’âge de 77 ans et en présence de Pierre François DESCALLES, écuyer seigneur de Bois-Hebert, demeurant en la paroisse de Quetteville.

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Le manoir de Conty

Le manoir de Conty remonte au XVI° siècle. Pierre de LA RAUDIERE indique dans un article paru en avril 1957 dans la revue le Pays d’Auge « deux fenêtres (l’une au nord, dans la salle commune, l’autre à l’est, dans la grande chambre du premier étage) comportaient visiblement des meneaux de bois qui ont été rétablis il y a une quinzaine d’années. Devant la fantaisie de la construction, du balcon surplombant, des trois portes gothiques flamboyantes, on pourrait même penser au XV° siècle, mais l’entablement de la première fenêtre citée comporte, à l’extérieur, un entrelacs Renaissance , disparaissant d’ailleurs sous les lichens, qui ne permet pas de remonter plus haut que François Ier. » (Gravures de Jean BUREAU)

En mars 1924 est décerné le prix du manoir Conty, crée par Pierre PENIN de la RAUDIERE qui récompensait le meilleur livret de drame lyrique et consistait en l’habitation gratuite du manoir pendant une saison. Il fut attribué à Jules CHANCEL pour son livret « L’Espérade » par le jury ainsi composé Henri de REGNIER, Robert de FLERS, Camille BELLAIGUE, Auguste DELACROIX, la princesse de POLIGNAC, la comtesse de BOISVOUVRAY et Lucie DELARUE-MARDRUS.

Entre 1924 et 1939 est démolie l’étable située entre le manoir Conty et le vieux puits.

En 1925 le manoir est loué à Jacques MATTEY peintre.

Le 5 mars 1927 le manoir  est classé monument historique.

Entre 1939 et 1944, il est utilisé par les troupes allemandes pour l’organisation du Mur de l’Atlantique. Le galandage du balcon est alors démoli pour permettre l’installation d’une ou deux mitrailleuses.

En 1954 le manoir est loué à Yves NAT compositeur et professeur de piano au Conservatoire de Paris. Entre 1955 et 1970 il est la propriété du peintre Roland OUDOT. Roland OUDOT est né en 1897 à Paris et décédé en 1981 à Paris. Il est très vite influencé par les fauves et les cubistes, puis il élabore peu à peu un style qui se situe dans la tradition classique de COROT et se rattache à la réalité poétique. Il est  l’auteur de peintures murales, de décors de théâtre et d’illustration de livres. On lui doit entre autre les décors d’Andromaque, pièce jouée en 1947 à Paris.

Il est ensuite propriété de monsieur DAULTE spécialiste mondial d’Auguste RENOIR et légataire universel de Roland OUDOT dont il était le marchand au décès de celui-ci.

En septembre 1999 le manoir est dévasté par un incendie.  

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